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Littérature

L’intuition d’un papillon

TEDDY GÉRARD

L’intuition d’un papillon

une réflexion philosophico-comique

sur la notion de réalité

Essai

Introduction

 

Salut. Je me présente. Je m’appelle Teddy. Merci à toi de prendre de ton temps pour lire cet écrit, pour écouter ce que j’ai à dire. On ne se connaît pas et déjà je te tutoie. J’espère que ça ne te dérange pas. Le problème dans cette relation lectrice-auteur, lecteur-auteur, c’est que tu ne peux pas me répondre en temps réel. La communication se fait uniquement dans un sens. Tu es là, avec moi. Je ne l’oublie pas. Donc, pour que ce soit plus convivial, je vais faire de ce monologue un « ersatz de dialogue ».

Et là peut-être que des questions te viennent à l’esprit, du genre : « Qui c’est cet hurluberlu, cet auteur fantasque ? C’est quoi cet écrit avec un titre loufoque qui commence bizarrement? »

Je suis Réunionnais, prolétaire, quinquagénaire, père et grand-père, et pour moi l’écriture c’est juste un hobby. Jusqu’à présent j’ai partagé essentiellement des romans et des nouvelles. Des délires étiquetés « science-fiction » ou « fantastique ». Mais je ne suis pas là pour « vendre » mes écrits précédents, qui sont tous gratuits d’ailleurs, mais pour rédiger celui-là.

Donc je m’essaie à écrire un essai. En créole il y a un proverbe qui dit : « Pakapab lé mor san éséyé ». J’estime que ce serait une insulte à ton intelligence de le traduire en français. Si tu ne comprends pas cette langue, le créole réunionnais, continue à lire en toute quiétude, c’est l’unique phrase en créole de cet essai.

Par nature cet ouvrage diffère de ce que j’ai écrit auparavant. À toi de voir s’il s’agit là aussi d’un « délire » ou d’une réflexion digne d’intérêt. Comme je considère que le temps est précieux, je vais essayer d’être concis.

Le but de cet écrit est triple.

Premièrement, présenter une esquisse de « ma représentation de la réalité » avec quelques arguments logiques, quelques souvenirs diffus et une intuition personnelle.

Deuxièmement, faire le parallèle entre « ma vision singulière du monde » et quelques éléments philosophiques et religieux, avant d’effleurer la notion de « vérité ».

Troisièmement, t’indiquer une référence, t’orienter vers un livre en te présentant de manière succincte son auteur.

Précisions.

Concernant la première partie, c’est à dire « ma vision » de la réalité, le but n’est pas de réussir à te convaincre. Ce serait prétentieux, d’autant plus que la clé de voûte de ma réflexion c’est une idée que j’ai eue un jour, une intuition.

Plus globalement, je ne suis pas là pour t’orienter vers une secte, un grand gourou qui va te sauter dessus pour te dire des paroles hypnotiques et t’amener au final à lui verser un pourcentage non négligeable de ton salaire, de tes revenus, en contrepartie d’une progression hypothétique sur le chemin spirituel. Non. Pas du tout.

L’adverbe « essentiellement » revient régulièrement dans cet écrit, au sens de « avant tout », « en grande partie ». Quand il s’agit du sens « par essence », c’est précisé.

Il y a ici et là, entre parenthèses, des références musicales. C’est juste pour illustrer mon propos du moment. En ne citant pas les paroles de ces chansons, je gagne en concision et j’esquive en même temps toutes les questions de droits d’auteur.

Pourquoi écrire cet essai maintenant ?

Tout simplement parce que je pense avoir assez d’éléments. J’ai la cinquantaine bien sonnée. Depuis longtemps je considère « ma compréhension de la réalité », ma « vision du monde » comme un puzzle. Au fil du temps j’ai glané « quelques pièces » ici et là. Et ce que je « vois » maintenant, avec mon intellect, mérite je pense d’être partagé.

Est-il vraiment nécessaire de préciser que ce n’est pas un écrit académique ?

Je n’ai pas de diplôme supérieur. Je n’ai pas une grande culture livresque. Je n’ai étudié aucune discipline en profondeur. J’ai des notions dans certains domaines. Je ne suis pas féru de philosophie. Je ne suis pas scientifique. D’ailleurs je n’ai aucune « preuve » et, quitte à répéter la même idée, il ne s’agit pas ici de démontrer quoi que ce soit. Non. Il s’agit simplement, pour moi, de penser librement et pour toi, installé(e) confortablement j’espère, de suivre le fil de mes pensées.

Je me considère comme un papillon qui virevolte dans le monde réel en m’émerveillant de sa beauté et en essayant de comprendre dans quel monde nous évoluons.

Ça va, je suis pas trop lourd avec mon histoire de papillon ?

En libre penseur, je glane, je butine des éléments de-ci de-là. Je prends en compte les souvenirs diffus de ce que j’ai vu, de ce que j’ai entendu au fil du temps. Une réflexion dans un livre, les paroles d’une chanson, un reportage à la télé, une vidéo sur youtube. Ce ne sont là que quelques exemples de « pièces du puzzle ». Mais comme ce serait vraiment très fastidieux de « tout » prendre en compte dans cet écrit, j’ai choisi les pièces qui me semblent essentielles. Les plus pertinentes. C’est plus aisé à écrire pour moi, et à lire pour toi.

Parenthèse sur la forme. Je vais faire des détours avec des « parenthèses », plus ou moins longues, comme celle-là. Je vais mettre aussi pas mal de guillemets. En général c’est pour dire que concernant tel concept, telle idée, c’est « ma » formulation, « c’est comme ça que je le dis ». Parfois, bien sûr, c’est une citation, plus ou moins précise. Dans ce cas la référence est dans le texte. Oui, « des références plus ou moins précises ». Je ne présente pas une thèse, « au sens académique ». Non. C’est juste une parenthèse… philosphico-comique.

Ah oui… concernant les petites blagues, c’est quand ça me vient, quand il y a matière à en faire. Je ne suis pas là, d’abord, pour épater la galerie avec mes plaisanteries, mais pour « brosser le tableau de la réalité ». Et il me semble judicieux de te prévenir, rares sont les sujets épargnés par mon sens de l’humour.

Pour l’introduction et les précisions, C’est clair ? Clair comme de l’eau de roche… ou clair comme de l’eau de boudin ?

Tu vas voir, cette réflexion c’est un peu un mix de « la caverne d’Ali Baba » et « d’Alice au pays des vermeilles » (Ben oui, vu mon âge). Un univers assez étrange, comme « Backrooms », mais en beaucoup moins effrayant.

OK, c’est parti.

I/ Ma représentation de la réalité

I/ A/ Différencier la réalité et la « réalité humaine ».

La réalité. Le mot vient du latin « res », chose. On peut définir la réalité en disant que c’est l’ensemble phénomènes existant. Le concept est donc à opposer à ce qui n’existe pas réellement, c’est à dire ce qui est de l’ordre de l’imaginaire, de la fiction, du rêve.

Ainsi la réalité ce serait « l’ensemble des choses réelles ». Si ce n’est pas une lapalissade, ça y ressemble vachement. Tu ne trouves pas ?

La réalité c’est donc, à priori, selon la définition ci-dessus, des choses concrètes. Des choses que l’on peut voir, toucher, appréhender avec ses sens. Des choses vraies, qui sont là aujourd’hui et qui seront encore là demain. Même si elles auront changé un peu, voire un peu plus. Même si elles se transforment avec le temps.

Qu’est-ce que tu en penses ? J’ai bon jusqu’ici ?

Un chien, est-ce qu’il perçoit la même réalité que moi ?

Le chien voit le monde en noir et blanc… nuance, il y a aussi du gris. Le chien entend beaucoup mieux que moi. Il peut sentir pleins d’odeurs que je ne sens pas. La drogue, des odeurs particulières liées à des maladies, etc. Pour la drogue, même une « mule », en général, est au courant. Pour les maladies, quand j’ai appris ça j’étais là… « Ah ouais ! ».

(Le chien n’est pas le meilleur ami de l’homme… qui essaie de faire passer de la drogue.)

Le chien vit dans une « autre réalité ». L’humain et le chien ne perçoivent pas le monde qui les entoure de la même manière. « La réalité humaine » et la « réalité canine », sont différentes, mais unies dans « la réalité ».

C’est pareil pour la chauve-souris avec ses capacités d’écholocalisation. Les éléphants qui communiquent à plusieurs kilomètres avec des infrasons. Les fourmis qui communiquent avec des phéromones. Les requins qui perçoivent les champs électriques. Les serpents avec leur système de détection infrarouge. Les plantes qui peuvent produire des milliers de signaux chimiques différents pour communiquer. Et ce n’est là bien sûr que quelques exemples des merveilles de la nature.

Oui, en effet, j’ai regardé « quelques » reportages animaliers.

L’être humain ne voit qu’une petite partie du spectre électromagnétique. Ce que l’on voit, on appelle ça (justement) la lumière visible. L’être humain est incapable de voir les micro-ondes, les infra-rouges, les ultra-violets, les rayons X et les rayons Gamma. Vas-y si tu veux, regarde à travers la porte transparente des micro-ondes, tu verras que tu ne peux pas voir les micro-ondes.

On ne peut pas « voir » un champ magnétique (même s’il peut avoir, suivant son intensité, des effets physiologiques sur un être humain). Des milliards de neutrinos venant du soleil traversent notre corps sans même que l’on s’en rende compte… des milliards chaque seconde ! (Les chiffres diffèrent sensiblement selon les sources.)

Et là encore on pourrait trouver d’autres exemples.

Regardons la réalité en face en faisant preuve d’un peu d’humilité. Avec nos sens, nous les êtres humains, nous ne percevons pas « la » réalité, mais nous percevons « une toute petite partie de la réalité environnante ».

I/ B/ Différencier « La » réalité et « ma » réalité

Pourquoi faire une différence entre « la » réalité et « ma » réalité ? Ce n’est pas la même chose ?

Scène de la vie quotidienne. Je suis réveillé… Toi aussi j’espère, sinon là je parle dans le vide. Et c’est pas drôle… pour moi. Je suis réveillé donc. Je suis assis dans le canapé et je regarde en famille un match de foot, en buvant une bière. « Je » suis dans le monde réel. Vraiment ?

Oui et non. Le « oui », pas la peine de l’expliquer.

Mais pourquoi « non » ? Si tu as vu Matrix et que tu te souviens de la scène où Morpheus demande à Néo, « Qu’est-ce que la réalité ? », il n’est pas vraiment utile de lire le paragraphe qui suit.

Je suis concentré sur le match. La lumière venant de l’écran passe dans mon iris, frappe les cônes et bâtonnets sur ma rétine. (J’ai deux yeux, donc mes rétines.) Les nerfs optiques prennent le relais et acheminent des influx nerveux jusqu’à mes neurones. Là mon cerveau traite ces signaux électriques et il « élabore » de toutes pièces une image… non, plusieurs images qui se succèdent rapidement… « et but ! Ouaaais ! » Notre équipe a marqué. « Et un… et deux… et trois zé-ro… ». (Oui, je te l’ai pas dit, mais c’est la finale de la Coupe du monde… 1998.)

Évidemment c’est la même chose si on joue à Fornite, si on regarde Titanic, un tableau de William Blake, un lever se soleil avec un ciel flamboyant, un chaton qui joue avec une pelote de laine ou un enfant qui dort paisiblement. Oui, c’est pareil quel que soit le phénomène.

Pour le son idem. Les bagnoles qui klaxonnent, les gens qui crient parce que la France a gagné. Des influx nerveux qui arrivent à mon cerveau via les nerfs auditifs. Mon corps qui épouse le sofa. Des influx nerveux. Le goût de la bière fraîche. Des influx nerveux. Etc.

En prenant en compte tous ces influx nerveux, qui résultent de mes perceptions sensorielles, mon cerveau « crée un monde intérieur » qui me semble être « la réalité ».

Moi, en tant que conscience, « je » ne suis pas dans « la » réalité. Je suis dans une réalité qui est construite de toutes pièces par mon cerveau. La lumière n’arrive pas à mon cerveau. Elle s’arrête sur le fond de mon globe oculaire, sur la rétine (oui, mes rétines). Mon cerveau est dans le noir, il l’a toujours été, et il le sera toujours, mais il crée ce que je dis (ce que je pense) être « la lumière ».

Petite parenthèse lumière. La luciole, au niveau du bout de son abdomen, donc au niveau de son cul, appelons les choses par leur nom, elle produit par bioluminescence « une lumière réelle », une lumière visible. Et moi, l’être humain, au niveau de ma tête, j’arrive à créer juste pour moi « une lumière virtuelle ».

L’humilité peut-elle éclairer la lanterne de l’humanité ? Ça ferait un bon sujet pour le bac de philo d’après toi ? Y a très peu de chances je crois. Fin de la parenthèse.

Revenons à la vision. Mon cerveau ne se contente pas d’analyser ce que mes yeux, par le biais de mes nerfs optiques, lui envoient comme informations (signaux électriques) pour former, « créer » une image fidèle de l’objet perçu. Non. Mon cerveau « interprète » aussi cette « image ». Il va compenser, sans même que je sois conscient de ce « processus de correction ».

Juste un exemple. Deux objets ont exactement la même teinte, la même couleur (gris). Les deux objets vont me paraître de couleurs différentes « à cause » de l’environnement. Gris clair sur un fond, sur un support foncé (noir par exemple). Gris foncé sur un fond clair (blanc par exemple). Il y a en ligne quelques exemples, quelques vidéos là-dessus. Notamment avec des carreaux de damier ou les pièces du jeu d’échecs. Si tu ne connais pas, je te conseille d’aller regarder. C’est vraiment bluffant.

Donc chaque cerveau crée pour chaque être humain « une réalité individuelle » de l’instant présent en prenant en compte les différents canaux de perception (vision, ouïe, toucher, odorat, goût, proprioception). Pour des raisons pratiques, cette « réalité personnelle créée » doit être cohérente. S’il y a des incohérences entre ce qui est rapporté par les différents sens, le cerveau fait immédiatement des « ajustements » pour faire en sorte que l’ensemble de « la perception » soit harmonieuse.

Confondue dans la pratique, et dans le langage courant, avec « la réalité », cette « réalité personnelle intérieure » prend évidemment en considération nos sentiments, nos souvenirs, nos traumatismes, nos peurs, nos croyances, etc.

En d’autres termes, chaque « réalité personnelle intérieure » est, sur l’instant, la somme de « la réalité de l’instant perçu » et de « la réalité personnelle mémorisée ». Pour chaque personne, ce que l’on nomme dans le langage courant « la réalité », c’est en fait une construction mentale.

Il est assez aisé d’admettre qu’il y a des différences, plus ou moins importantes, entre « ma réalité personnelle » et les « réalités personnelles » des autres. Il y a aussi beaucoup de points communs. Bien entendu. Ce qui, tu seras sans doute d’accord avec moi, est assez pratique quand on arrive à un croisement avec des feux tricolores.

Comme il y a pour un être humain « une réalité personnelle », on peut considérer qu’il y a aussi pour un groupe une « réalité collective », une sorte de « réalité consensuelle ».

Cette « réalité collective » dépend du groupe considéré et de l’importance (« du poids ») de chaque composante de ladite « réalité collective » (histoire commune, certitudes communes, croyances communes, valeurs communes, l’ensemble des points de vue convergents des membres du groupe, etc).

Il y a sur Terre des milliards d’êtres humains et un très grand nombre de groupes humains (groupes ethniques, religieux, politiques, professionnels, claniques, etc). Il y a donc des milliards de « réalités personnelles » et des myriades de « réalités collectives » (qui « s’entrecroisent » et/ou « s’entrechoquent » pour le meilleur et pour le pire).

Et la « réalité humaine », la réalité collective de tous les humains, dans tout ça ?

Au delà des points communs basiques, je pense ne pas me tromper en disant qu’il y a un sorte de consensus. À savoir que globalement on est « divisé ». Sur énormément de sujets, on n’est pas d’accord les uns avec les autres. Là-dessus tout le monde est d’accord. Tu es d’accord ?

(Dire Straits, « Brothers in arms »)

Question. Et la pensée, d’après toi, ça fait partie des « choses concrètes », des « choses réelles » ? Même si je pense avec des concepts abstraits. Ça fait partie de la réalité ?

Ma pensée… quand je raisonne (pensée discursive) « je m’entends parler dans ma tête. Je parle à moi-même. Je réfléchis. » C’est en quelque sorte une « réalité intérieure ». OK. Mais la pensée de l’autre, je ne l’entends pas (à moins bien sûr d’être télépathe).

Oui. La pensée, même la pensée de l’autre, fait partie de la réalité. Parce que même si on ne peut pas, avec nos sens, avoir accès directement à la pensée d’autrui, il ou elle peut nous la communiquer. Par exemple en étant en face de moi et en me la transmettant de vive voix (On élude la grande importance de la communication non-verbale). Ou encore en l’écrivant pour la transmettre.

C’est ce que je fais en ce moment même. (« En ce moment même » qui n’est pas le même dans ma réalité et dans la tienne. Évidemment. Tu n’es pas là derrière moi, en train de lire sur mon épaule pendant que j’écris.)

Remarque importante. Nos pensées ont des répercussions sur nos paroles et nos actions, notre état psychique, notre état de santé, et aussi sur nos pensées, par rétro-action. Ne l’oublions pas.

De plus, on peut, avec les moyens technologiques modernes, visualiser les zones du cerveau qui s’activent quand on pense, quand on parle, quand on agit. Un électroencéphalogramme c’est réel. Et il y a pas mal de vidéos disponibles sur « piloter un ordinateur par la pensée ».

La pensée, bien sûr, elle fait partie de la réalité.

Même la pensée subconsciente, les processus cognitifs sous-jacents (auxquels on n’a pas accès consciemment) ?

Il est possible que ces processus sous-jacents, là tout de suite dans ton cerveau, viennent de faire un lien entre « subconscient » et « inconscient », et du coup peut-être que ça vient de faire émerger dans ta conscience… « Freud ». Non, je ne vais pas te parler de monsieur Sigmund Freud, le « moi », le « surmoi » et tout « ça ». Non.

(Moi quand je vois « ça », le mot et non pas ce qui précède, mes « neurones fantasques » ne m’amènent pas à penser à Sigmund Freud mais plutôt à Stephen King. À chacun ses références. À chacun son « monde intérieur ». J’ai bien aimé « Freud, la dernière confession ». C’est tout. Concision.)

Non, pour parler du subconscient, j’estime qu’il y a beaucoup plus concret, plus terre à terre que Freud. Une bonne campagne publicitaire, un bon « marketing subconscient » (neuromarketing) et le chiffre d’affaires du nouveau produit de telle ou telle marque décolle en flèche. Tout simplement.

La pensée subconsciente, comme la pensée consciente, ça fait partie de la réalité. La preuve, on utilise « ça », souvent à notre insu pour faire du fric. Beaucoup de fric. (Ou « à l’insu de notre plein gré », comme on disait dans les Guignols de l’info.)

I/ C/ La réalité et le rêve.

 

On vient de faire, d’une part, une distinction entre la réalité et la « réalité humaine », et d’autre part, une différence entre « la » réalité et « ma » réalité (la « réalité unique et personnelle » de chacun).

Même si on garde à l’esprit ces distinctions, dans la suite de ce texte quand j’écris « la réalité », il faut comprendre une sorte de « tronc commun de la réalité humaine ». Je ne vais pas à chaque fois écrire « tronc commun de la réalité humaine » en parlant de la réalité. Sinon la concision elle va prendre un coup dans l’aile. Tu le comprends aisément. (Déjà deux fois je trouve que c’est lourd.)

Selon le sens commun, la réalité ce sont des choses vraies, des choses qui donc ne vont pas s’évanouir, disparaître d’un instant à l’autre. Ma famille, ma maison, mon frigo, les bières qui sont dedans, ma voiture (sauf si on me la vole), mon lieu de travail, cette relance pour impayé, etc. Contrairement au rêve, au mirage, à l’illusion, qui sont fugaces, la réalité reste. Et cette facture impayée il faudra bien s’en occuper. C’est ça la réalité. Si seulement je gagnais à l’Euromillions…

Le rêve. Ne t’endors pas, reste avec moi, l’esprit alerte, nous abordons le rêve.

Le rêve qui, par définition, s’oppose à la réalité.

Précision importante. On considère le rêve qui se produit quand on dort. On écarte le rêve du type « j’aimerais bien être propriétaire » ou encore « ça serait super si je me mettais à mon compte », etc. Idem pour le rêve de Martin Luther King (« I have a dream… ») ou celui de John Lennon (« Imagine »).

Pourtant le rêve fait partie du monde réel. Je rêve. Tu rêves. Nous rêvons. C’est une réalité. Le rêve est une activité mentale qui se produit pendant le sommeil. Et on a vu tout à l’heure que l’activité mentale est bien réelle.

On estime que le rêve n’est pas réel parce que ce qu’il « contient » n’existe pas vraiment.

Je dors. Je rêve d’un énorme cheeseburger avec beaucoup de frites croustillantes, de la mayonnaise. Pendant que je rêve je me régale. « Huuum… Burger-King ». (Oui. Dans « mon monde intérieur » il y a beaucoup de slogans. Je te jure !) Mais quand je me réveille, mon estomac est toujours vide.

Tu rêves que tu trouves plein de billets de cent euros. Tu les ramasses. Tu es content. Au matin tu n’es pas plus riche pour autant.

OK. Ce dont on rêve, ce n’est pas réel.

Mais le rêve peut avoir une influence réelle sur notre vie réelle. La répétition du mot « réelle » est volontaire, tu l’as sûrement compris.

Un enfant qui se réveille en pleine nuit en criant et en pleurant parce qu’il vient de faire un cauchemar, ça génère des conséquences réelles. L’un des deux parents (ou les deux), enfin quelqu’un se précipite pour voir ce qui se passe. Rassurer l’enfant. Lui dire que c’est juste un mauvais rêve. L’aider à se rendormir. C’est une situation banale de la vie quotidienne.

Un cauchemar récurrent peur avoir comme conséquence un mauvais sommeil. On dort mal. Du coup on est fatigué, on bâille au travail. On se fait remarquer pour le plan de « sauvegarde de l’emploi » qui n’est pas encore annoncé. Pire encore. On peut s’endormir au volant et provoquer un accident. Avec de possibles conséquences funestes.

Tout en admettant que c’est vrai, tu pourrais me dire que globalement l’influence des rêves sur notre réalité n’a qu’une importance relativement minime, voire négligeable.

Juste un exemple. Parlons d’un outil indispensable pour la science et notamment pour les chimistes. Le tableau périodique des éléments (le tableau de Mendeleïev). Question. Comment il est arrivé dans notre réalité ? C’est simple. Une nuit Monsieur Mendeleïev « a rêvé ce tableau ». Quand il s’est réveillé, il a tout noté sur un papier. Il manquait quelques « éléments » (c’est le cas de le dire), mais c’est toujours ce tableau (avec quelques « éléments » rajoutés) qui est utilisé encore de nos jours par les scientifiques. Un tableau qui est le fruit d’un rêve.

J’ai pris cet exemple parce qu’il est vraiment parlant. Mais il y en d’autres. Des scientifiques, des artistes, etc.

Pas besoin de pousser plus loin la réflexion pour affirmer qu’un rêve peut s’ancrer solidement dans la réalité (du fait de ses conséquences). La réalité influence le rêve et vice-versa. Le rêve et la réalité interagissent.

Si le concept de « rêve » s’oppose à celui de « réalité » c’est évidemment parce qu’il y a des différences entre les deux. Certes, mais est-ce qu’il y a aussi des points communs ?

En général quand on rêve on « imagine » que l’on est quelque part. Donc, comme la réalité, le rêve a comme cadre un espace. Un espace imaginé, qui ressemble ou pas à un lieu (à des lieux) que l’on connaît dans le monde réel. Mais le cadre du rêve, tu es d’accord avec moi, c’est quand même un espace.

L’intrigue du rêve, même s’il est incohérent, sans queue ni tête, il existe. Il y a un début, un développement et une fin. Donc le cadre du rêve c’est aussi le temps.

D’ailleurs, à moins de faire un rêve lucide, on ne s’aperçoit que le rêve est effectivement un rêve seulement quand on se réveille. En général pendant qu’on dort, même quand le scénario du rêve (après coup, une fois que l’on est réveillé) nous paraît totalement absurde, on est persuadé que ce que l’on vit dans le rêve c’est la réalité.

Je sais pas toi, mais moi, le plus souvent, il ne me vient même pas à l’idée de me poser la question.

Pour tout un chacun le rêve nous paraît vrai, réel. La preuve, quand il se passe quelque chose de vraiment horrible, on a réellement peur. Souvent quand on n’arrive pas à supporter de vivre cette « réalité qui est trop affreuse »… on se réveille.

On récapitule.

Le rêve et la réalité sont tous les deux cadrés par l’espace et le temps.

La différence c’est que jour après jour le cadre de la réalité reste à peu près le même alors que le cadre du rêve s’évanouit, disparaît.

Pour chaque personne, pendant qu’elle est réveillée, consciente, le cerveau « crée » une réalité à partir essentiellement de nos perceptions et de nos souvenirs, de notre histoire.

Pendant que l’on dort le cerveau continue à créer. Il crée, il me crée, il te crée, une « autre réalité » (« un ersatz de réalité »), une « réalité imaginaire » que l’on nomme « rêve ».

De ce fait, il n’est pas étonnant que je puisse (dans le rêve) facilement confondre mon rêve et ma réalité, que l’on puisse confondre le rêve et la réalité. Même si les concepts sont opposés, même s’il y a des différences entre les deux, le rêve et la réalité ont beaucoup de points communs. C’est ça qu’il est important de retenir je pense.

(« Losing My Religion », REM.)

Je pense qu’en réalité, pour beaucoup d’êtres humains la frontière entre le rêve et la réalité n’a pas beaucoup de chances de s’estomper. Le rêve et la réalité, c’est différent. C’est tellement évident.

Considérons la frontière entre deux pays. Je pense que c’est, à la base, une ligne imaginaire, qui devient un « peu plus réelle » par la délimitation, et « vraiment réelle » par la démarcation. Non ?

Pourtant, à priori, la plupart des gens « voient » la frontière entre deux pays, par exemple entre la France et l’Allemagne, comme « une réalité ».

Parfois on croit dur comme fer que quelque chose est « vrai », mais c’est peut-être parce qu’on n’y a pas réfléchi vraiment. Et puis, je dirais que « la réalité d’une chose » ça dépend du point de vue. Ça dépend de la chose mais aussi de la conscience, de l’être humain qui considère la chose en question.

(Autre argument. Je m’avance peut-être un peu et on ne pourra pas le vérifier, mais si on posait la question à des oiseaux migrateurs, j’ai tendance à penser qu’ils répondraient sans hésiter que les frontières entre les pays c’est juste des lignes imaginaires, qui servent juste aux humains. OK. On oublie le point de vue des oiseaux migrateurs. On arrête de planer.)

Sortons du rêve si tu veux bien. Revenons à la réalité.

Je le répète, nous vivons dans un monde moderne. C’est notre réalité. Là je pianote sur mon clavier en écoutant « Le Chasseur » de Michel Delpech. Si demain je me casse un bras ou une jambe, je pourrai effectivement aller faire une radio. Oui, nous vivons dans un monde où la technologie est présente un peu partout. Cette technologie découle de ce que l’on nomme la science, et plus précisément des sciences exactes, comme par exemple les mathématiques, la physique, la chimie, la biologie.

I/ D/ La réalité, le point de vue scientifique

On peut raisonnablement affirmer que pour la science, la réalité c’est d’abord la réalité matérielle. La science ne prend en compte que ce qui est observable, visible (à l’œil nu ou avec des instruments comme un microscope, un télescope, etc).

On remarque tout de suite que la « réalité scientifique observée » c’est déjà une « réalité élargie » par rapport à la réalité qui nous vient uniquement de nos capacités naturelles de perception.

(« Maman… si les microbes existent vraiment pourquoi je peux pas les voir même avec mes lunettes neuves ? ». Y a des guillemets mais ce n’est pas une citation. C’est juste une illustration à peine comique qui sort direct de mon imagination.)

Depuis le siècle des Lumières, la science a érigé la raison au dessus de tout. On est dans le réel. On observe, on expérimente, on calcule, on en déduit des lois, des principes généraux. La méthode scientifique, il faut bien l’avouer, ça donne des résultats intéressants.

Sans la science, pas de technologie, pas de voiture, pas d’ordi, pas de médecine moderne. Et donc pas de radio si je me casse un bras. Pas de radio pour écouter « rires et chansons ». Et surtout pas d’électroménager. Oui parce que laver le linge à la main, bonjour le mal de dos. Il me semble qu’il n’y a que dans « Dhobi de classe », ce magnifique séga mauricien, que laver le linge à la main se fait avec cet enthousiasme enjoué qui frise la ferveur.

Parenthèse « progrès ». Attention, je ne suis pas en train d’affirmer que ce que l’on nomme « le progrès » n’apporte que du positif. Loin de là. Il est facile de constater que « le progrès » sert aussi à perfectionner les moyens de se détruire les uns les autres, à polluer notre environnement, à faire disparaître de très nombreuses espèces végétales et animales, à faire de la vie d’un grand nombre de nos contemporains un cauchemar bien réel. (Conséquence extrême. Chaque année, environ 800 000 êtres humains meurent en se suicidant sur notre magnifique planète. Environ 2 200 morts par jour. Un mort toutes les 40 secondes. Une véritable hécatombe. C’est plus que les guerres et les catastrophes naturelles.)

(« Every Body Hurts », REM)

Revenons à la méthode scientifique. Je dis seulement que la méthode scientifique donne des résultats exploitables. La méthode. Le discours de la méthode. Cela nous renvoie tout naturellement à monsieur René Descartes. Descartes c’est « la méthode » mais c’est aussi le doute cartésien. Douter de la vérité de nos perceptions.

Mais… on a dit que la réalité c’est justement ces choses vraies que l’on peut appréhender avec nos sens. Et Descartes, précurseur la méthode scientifique, il nous dit qu’il faut douter de ce que nous apportent nos sens, car cela pourrait ne pas être la vérité.

Si j’ai bien compris, il y aurait une autre réalité (« une vérité » en quelque sorte) au delà de ce que nous rapportent nos sens. Ça ne cadre plus avec la définition du début. C’est intéressant ça.

Donc on s’aperçoit assez rapidement que « la réalité » peut déjà se scinder en deux. La réalité physique (tangible, perceptible) et une autre réalité qui est « au delà de la réalité physique ». (Je pense qu’il faudra choisir un autre mot pour « cette seconde réalité », sinon on ne va pas s’en sortir. Non ? Tu ne crois pas ? « Vérité », ça m’a l’air bien. On y reviendra un peu plus tard.)

Restons pour l’instant les pieds sur terre. Restons dans le cadre de la réalité physique. Notre réalité qui a pour cadre l’espace et le temps.

Si tu veux bien, pour simplifier, on va esquiver une cascade de phrases inutiles et convenir ensemble (pléonasme) que « l’espace » c’est l’espace plus les « objets » qu’il contient.

Et pour l’instant on ne s’occupe pas de définir l’espace ou même de s’attarder sur ses propriétés. Newton, Leibnitz, Einstein (la relativité générale, l’espace-temps)… les points de vue ne manquent pas.

Est-ce que l’espace existe, ou peut exister, sans les objets qu’il contient ? Je vais te dire franchement, ce n’est pas une question qui me taraude et m’empêche de trouver le sommeil. Mais chacun est libre, si ça l’intéresse et s’il a le temps, d’aller creuser la notion d’espace (qu’il soit « vide » ou pas).

Restons sur du concret. Là, disons que l’espace c’est toi et tout ce qui t’entoure dans l’instant présent. OK. Tu as quoi dans tes mains pour lire ce texte ? Une liseuse. Une tablette. Un iPhone. Un écran d’ordi en face de toi. (Oui, parce que si je m’attends à une édition papier, je rêve. Et on a dit que l’on est dans la réalité.)

La liseuse, la chaise ou le sofa, tout ça c’est constitué de matière. Ton appart et son plafond. Ou le toit de ta maison. Et même si tu lis sous une toile de tente ou à la belle étoile, c’est kif kif. Les étoiles, la nature c’est de la matière. L’air autour de toi, l’air que tu inspires à l’instant. L’oxygène contenu cet air. Matière. Toi-même tu es constitué(e) en grande partie de molécules d’eau. Des atomes d’hydrogène et des atomes d’oxygène pour les molécules d’eau, des atomes carbone, du calcium dans les os, etc. Bref. Tu as un corps matériel. C’est relativement solide comme réalité.

Les atomes. Considérons l’atome d’hydrogène. C’est l’atome le plus simple. C’est un proton comme noyau et un électron qui « tourne autour » à une vitesse très très très élevée. (Modèle de Rutherford.)

En fait on sait maintenant que les électrons ne tournent pas vraiment autour du noyau. Un électron peut « disparaître ici » et « réapparaître là ». Il peut même être « à deux endroits à la fois ». Bref, l’électron il fait le con. C’est un truc de dingue. Comme c’est souvent le cas en mécanique quantique.

Le noyau de l’atome d’hydrogène (en l’occurrence un proton) c’est tout petit. C’est mesuré en femtomètre. Je ne sais pas toi, mais moi j’ai « rarement » eu l’occasion de mesurer un truc en femtomètre.

(Parfois pour « me » mesurer, pour mesurer mon activité matinale, surtout avant le café, il faudrait un « flemme-tomètre ». Mais bon. On s’éloigne du sujet. Concision.)

Alors… un femtomètre. Un millimètre correspond à un milliard de femtomètres. Un milliard, tu imagines ? Et le proton il mesure un peu moins d’un femtomètre. C’est vraiment, vraiment petit.

Et l’électron, c’est encore plus petit. Tout petit, tout petit. Mais ça ne l’empêche pas de faire le con. De « disparaître ici » pour « réapparaître là ». De quitter « son » atome, pour aller « tourner autour » du noyau d’un autre. C’est pas sérieux un électron. Bref.

Pas besoin de parler des éléments constitutifs des protons et des neutrons. Les quarks, anti-quarks, etc. C’est vraiment très petit aussi.

Si. Parlons inutilement du gluon. Parlons… C’est surtout moi qui parle. Oui. Je sais, parler inutilement ce n’est pas cohérent avec la concision. J’avais dit que j’allais essayer d’être concis. Essayer. Allez… quoi. Il faut bien faire une ou deux parenthèses « inutiles ». Ça sert à rendre le sujet un peu moins ennuyeux.

Oui, le gluon. Sois rassuré. Je ne vais pas définir et donner les propriétés du gluon. Sinon on va s’engluer.

Parenthèse « gluon ». Je l’ai dit, j’ai plus de cinquante balais. (Et crois-moi mon appart n’est pas plus propre pour autant.) Quand j’étais gamin, dans les années 80, je regardais une émission qui s’appelait « Téléchat ». « Téléchat » c’est la télé des poils, des plumes et des choses. Un gros chat, nommé Groucha, et une autruche qui présentaient une espèce de journal télé. Ils allaient faire des reportages en interrogeant des « choses ». Et le « gluon » c’était « l’âme de la chose ». Par exemple ça pouvait donner une un truc du genre : « Bonjour Gluon-du-marteau, dîtes-nous s’il vous plaît ce que vous pensez de la loi du marteau…». Voilà. C’est tout. Fin de la parenthèse « gluon ».

Revenons si tu veux bien à l’atome d’hydrogène. Le plus important à retenir c’est qu’entre le noyau et l’électron il y énormément de « vide ». C’est valable pour l’atome d’hydrogène mais aussi pour tous les autres atomes, comme l’oxygène, le carbone, le calcium. Les atomes de ton corps et de tout ce qui t’entoure, c’est beaucoup de vide. Ça… ça c’est très important.

Oui, c’est aussi ça la réalité. Mon corps matériel est essentiellement composé de vide. Tous les objets qui m’entourent. Pareil. Même le béton sur lequel je marche et qui est solide ou le bitume sur lequel ma voiture roule. Même le métal du moteur. Beaucoup de vide. L’écorce terrestre, le magma, le noyau de la Terre. Beaucoup de vide. Dans mon crâne. Du vide. Essentiellement.

Mais quand je touche un objet, un mur de briques, je sens bien que c’est plein. Oui. Bien sûr. Quand je traverse la salle à manger pour aller au WC (le matin très tôt, le flemme-tomètre à zéro) et que par inadvertance je me cogne le petit orteil dans l’une des pattes de la table, je sens bien qu’elle existe la table. Elle est là. C’est du solide. Mon petit orteil peut en témoigner. Oui. Et quand j’attrape une pomme, je vois bien, je sens bien que la pomme existe.

Oui. En effet. Mais n’empêche. La main qui attrape. La pomme ou la pêche. Le raisin, la grappe. La bouche et les dents. Le cerveau appréciant le fruit bien juteux. Tu le crois si tu veux, d’une manière prosaïque tout ça c’est « essentiellement du vide ».

Je ne fais que rapporter, de façon assez trivial, ce que nous dit la physique moderne. Une science exact.

Donc quand les scientifiques « regardent » ce qui se passe au « plus profond » de la matière, qu’est-ce qu’ils trouvent ? Du vide, de l’information, des ondes, des fréquences et des relations entre différents « éléments » tellement petits qu’on a du mal à les imaginer.

Parenthèse vraiment très importante. Les fréquences jouent bien sûr un rôle fondamental. « Si vous voulez découvrir les secrets de l’Univers, pensez en termes d’énergie, de fréquence et de vibration. » (Monsieur Nikola Tesla)

La matière, même la plus dense, ou la plus solide, c’est « essentiellement du vide ». C’est un fait. Même si notre perception commune de « la réalité » nous dit le contraire à chaque instant de notre vie.

C’est une chose de le comprendre, d’admettre maintenant, sur le moment, que c’est vrai. Que c’est bien la réalité. C’est autre chose de s’en souvenir, de se le répéter régulièrement, pour au final considérer ce fait comme allant de soi. Le matière visible c’est essentiellement du vide, de l’information, des vibrations. Oui, la matière c’est plein de vide.

Une illustration à peine croyable. Il y un liquide qui s’appelle l’hélium superfluide. À température vraiment très basse, ce liquide traverse le verre qui le contient. Oui, tu as bien lu. Tu n’as pas la berlue. Le liquide traverse le verre. C’est dingue… mais c’est réel.

Ce qui se passe dans la mécanique quantique, au niveau de l’infiniment petit, c’est souvent en contradiction avec le sens commun.

Je vais juste prendre quelques exemples, sans vraiment entrer dans des explications compliquées. Et pour cause, je n’y connais pas grand chose.

Les particules ont un comportement changeant, erratique. Un coup la particule fait comme ci. Un coup elle fait comme ça. On ne peut pas savoir ce qu’elle va faire.

Si on veut étudier une particule en mouvement, c’est vraiment compliqué. On peut mesurer sa vitesse (appelée aussi quantité de mouvement) ou sa position. Mais pas les deux à la fois. (principe d’incertitude). C’est ballot.

Les objets quantiques, en gros, ils ne sont pas nets. Ils ne sont pas précisément quelque part. Ils sont disons « une probabilité d’être un peu ici » plus « une probabilité d’être un peu là ». On parle de « densité de probabilité de présence », de « fonction d’onde ».

Le plus bizarre (comme si c’était pas déjà assez bizarre comme ça) c’est ce que les scientifiques appellent « l’effet de l’observateur ». Le fait d’observer une particule… modifie ses propriétés. Waouh !

Imagine. On est dans un labo. Des scientifiques. Leur matériel. Une particule qu’ils veulent observer. Quand la particule n’est pas « observée », quand elle voyage vers le détecteur (l’observateur), elle est « un peu ici », elle est « un peu là », elle fait « ce qu’elle veut », elle fait « un peu n’importe quoi ». La particule se comporte en « fonction d’onde ». En gros, si tu veux, c’est le flou artistique.

Et aussitôt qu’on observe la particule, aussitôt qu’elle passe au niveau du détecteur, elle cesse d’être une « probabilité d’être un peu ici » plus « une probabilité d’être un peu là », elle devient une particule ponctuelle. Un « grain de matière ».

C’est ce qu’ils appellent « l’effondrement de la fonction d’onde ».

C’est pas beau ça ? Comme un enfant à l’école élémentaire, une particule élémentaire qui joue à 1, 2, 3, Soleil avec les scientifiques. (Ça éclaire du coup d’un jour nouveau l’utilisation de l’argent de nos impôts.) Ben oui, quand on ne regarde pas la particule, c’est le « flou artistique », on ne sait pas trop où elle est (elle est « un peu ici et un peu là ), et quand « on tourne la tête » pour regarder ce qu’elle fait, la particule « se fige » en particule ponctuelle. Comme 1, 2, 3, Soleil. Pareil.

Un observateur c’est disons une conscience qui est témoin de la réalité qui l’entoure. La « conscience », juste en observant, interagit avec « ce qu’il observe ». En gros il modifie « sa réalité », il modifie « la réalité ».

Questions. Enfin, moi je me les pose, toi je sais pas.

Et comment la particule elle fait pour « savoir » qu’elle est observée ? Comment elle « sait » qu’il y a quelqu’un, une intelligence, une conscience qui a mis sur sa trajectoire un détecteur ?

Ben tu vois, je n’en sais rien. Et les plus grands scientifiques ne savent pas non plus.

La particule aussi, comme les objets dans « Téléchat », elle aurait une « âme », un « gluon » ? Est-il raisonnable de penser qu’une si petite particule puisse « savoir » quoi que ce soit ? Qu’elle puisse « savoir » (à l’instant T) que sa trajectoire l’a amenée à cet instant à passer devant le détecteur ?

Tu te doutes bien que je n’ai pas les réponses à ces questions. Sinon, c’est sûr, il y aurait une édition papier de cet essai. « Élémentaire mon cher… lock Holmes. » (Non, je n’ai pas vu ce film. Donc no comment.) J’observe, non pas avec une grosse loupe, mais avec soulagement que mon ignorance a un effet bénéfique. Aucun arbre ne sera sacrifié pour transmettre mes « élucubrations philosophiques ».

Revenons à nos… particules. Pour ma part, une particule qui est « un peu ici », « un peu là », bref qui reste dans le flou artistique jusqu’à ce qu’elle soit observée, elle ne me paraît pas « vraiment réelle ».

Peut-être qu’elle devient « vraiment réelle » (ou « un peu plus réelle ») aussitôt qu’elle est observée. Peut-être qu’il est nécessaire qu’une conscience soit présente pour faire émerger « la réalité » de la particule, et d’une façon plus générale la « réalité » du monde qui nous entoure.

D’un autre côté, on peut affirmer que ces « particules » sont bien réelles, puisqu’on peut les observer. Dès le début on a défini la réalité en disant que c’est justement les phénomènes observables. En plus, elles sont stables. Elles durent dans le temps. Ce n’est pas le cas des « particules virtuelles » qui ont une durée d’existence très très très courte. Pendant un court instant elles existent. Et l’instant d’après elles n’existent plus. C’est dingue.

Parenthèse « vide ». De ce fait le « vide » n’est pas « vraiment vide ». Dans ce soit-disant vide, des quantités de particules virtuelles apparaissent puis disparaissent rapidement. Et cela partout dans l’espace à travers tout l’Univers. C’est ce que l’on appelle « l’énergie du vide ».

Revenons, si tu veux bien, sur du concret. Prenons un objet du quotidien. Un tabouret par exemple. Les atomes, éléments constitutifs du tabouret, sont des structures stables. Contrairement aux particules virtuelles, le tabouret ne disparaît pas d’un coup comme par magie. Un atome du tabouret pourrait « disparaître », se retrouver « ailleurs », mais pas le tabouret en entier. Non. Il est trop gros. Il y énormément d’atomes. Plus il y a d’atomes moins il y a de chances qu’un objet « disparaisse » d’un instant à l’autre.

Sans être statisticien, je dirais qu’on a beaucoup plus de chances de gagner une dizaine de fois le gros lot du loto la même année que de voir un tabouret disparaître comme ça, comme par magie. C’est infiniment peu probable… mais pas totalement impossible. C’est ce que nous dit la science.

De ce fait, comme le commun des mortels, tu ne t’attends pas à te retrouver le cul par terre quand tu t’assois sur un tabouret. Sauf si t’es bourré(e) et que tu t’assois à côté.

Je le répète pour la énième fois, on a dit au début que la réalité c’est l’ensemble des phénomènes observables.

Mais qu’est-ce qui se passe s’il n’y a personne pour observer cette réalité ? Sans la « conscience » qui observe, la « réalité » continue quand même à exister ou alors elle disparaît ?

Monsieur Albert Einstein et monsieur Abraham Pais se promènent. Soudain monsieur Einstein s’arrête et demande en substance à monsieur Pais : « Croyez-vous vraiment que la Lune n’existe pas quand je ne la regarde pas ? ».

Pour moi ça ressemble à une question qu’une personne internée dans un hôpital psychiatrique pourrait poser à l’un de ses pairs. Non ? (D’après toi, je viens de faire un impair ? Il va y avoir une pluie de commentaires négatifs ?)

Ben non. C’est ça qui est dingue. Ce n’est pas la question d’un « fou ». C’est la question d’un illustre scientifique super-intelligent à l’un de ses pairs.

Cette seule question peut nous conduire à nous interroger sur la « nature profonde » de ce que l’on nomme la « réalité matérielle ». Sur le lien entre « la conscience qui observe » et la matière. Et si l’on croit en une « réalité autre » que la réalité matérielle (le monde spirituel), s’interroger sur le lien entre l’esprit et la matière.

OK. Même les spécialistes « super-intelligents » qui sont « à la pointe de la science » sont là comme des… oui on peut le dire, comme des couillons avec « la matière » (fonction d’onde, phénomène de l’observateur, intrication quantique, etc). On ne comprend pas « vraiment » ce que c’est. Ils ne savent pas. On ne sait pas. On n’a pas vraiment de réponse. C’est vraiment une histoire de fous.

C’est à ça que je voulais en venir. La « véritable nature » de « la substance » qui constitue « notre réalité », la « véritable nature » de la matière nous échappe. Plus on s’enfonce dans l’infiniment petit, plus on prend conscience de la limite de « la compréhension humaine ».

Même si on ne sait pas, on va dire que « selon toute vraisemblance » la Lune reste là, elle existe toujours, même quand il n’y a personne pour la regarder, constater son existence. Idem pour un tabouret. C’est stable. C’est du solide.

Qu’en est-il de mon corps matériel ? Il est stable ?

Au niveau des éléments atomiques, oui. Mais les cellules qui constituent mon corps sont vivantes. Celles qui meurent son renouvelées. Même les os se renouvellent continuellement. À part les neurones, tout se renouvelle dans notre corps. 7 ans pour tout renouveler ? 10 ans ? Je ne sais pas. Peu importe.

Parenthèse longue mais utile sur les os. Les pubs pour les produits laitiers nous disent « achetez ceci », « consommez cela ». « C’est plein de calcium. » « C’est bon pour les os. » Déjà le calcium il y en a dans d’autres aliments, mais ce n’est pas ça le plus important. Les os n’arrêtent pas de se détruire et de se reconstruire. Et effectivement ils ont besoin de calcium. Dans les os il y a de « petits capteurs » qui enregistrent les micro-chocs. Il y a des micro-chocs quand on marche, quand on court, quand on monte ou quand on descend les escaliers, etc. Et s’il n’y a « pas assez » de micro-chocs, le corps « se dit » en gros : « Pas besoin que l’os soit solide puisqu’on ne s’en sert pas ». Et donc l’os se détruit plus qu’il ne se reconstruit. Sans ces micro-chocs, progressivement l’os se fragilise. Et évidemment à 80 ans c’est sûr tu est mûr pour une fracture du col du fémur.

Sérieusement, les activités avec micro-chocs, essayez… ça marche. Je dis ça je dis rien.

Fin de la parenthèse sur les os.

Ici et maintenant. Pour l’instant je suis quinquagénaire. Renouvellement des cellules oblige, la majeure partie des éléments qui constituaient mon corps de jeune homme ont été restitués à la réalité environnante. Les éléments de mon corps ont changé. La structure est restée la même. Comme le bateau de Thésée.

C’est une réalité. Notre corps est sans cesse renouvelé. La matière est sans cesse restituée à notre environnement, à la Terre, à l’Univers.

Même si on a une bonne hygiène de vie, que l’on fait de l’exercice physique, de la marche, de la natation, à un certain âge… on coule.

Même quand il nous est donné de vivre jusqu’à un âge avancé, au final quand on est alité, puis ré-alité, et ré-alité de nouveau, on peut dire que ça sent le sapin même si on n’est pas encore en décembre. Les boules. « Mon corps est en déclin. Ma vie elle a une fin. » Ça aussi c’est une réalité. Plus ou moins prégnante suivant les personnes.

Pourquoi parler de ça ? Qu’est-ce que cela vient faire dans une réflexion sur la réalité ?

Prendre « vraiment conscience » de la finitude de notre vie peut avoir des conséquences réelles sur nos pensées, nos paroles, nos actions. Des actions concrètes qui contribuent à modeler notre réalité. Tout simplement.

Parenthèse « âge avancé ».

« Un hospice, un os casse, des souvenirs qui s’effacent…

C’est dur dur d’être pépé. Ho là là là pépé. Dur dur d’être pépé. Dur dur d’être pépé… »

C’est un « mélange humour-compassion ». Je ne sais pas si tu aimes ce genre de cocktail. Moi ça me fait rire, d’autant plus que je suis invité « bientôt » à entrer dans le club… du pays des vermeilles. Enfin… c’est la vie. Pour l’instant je ris à pleine dents. « Bientôt » je serai en plein d’dans. Et à moins d’avoir Alzheimer, et d’oublier mon sens de l’humour, je continuerai à rire et à faire rire autour de moi. Y a beaucoup de personnes âgées qui sont désespérées et qui se suicident. Rire c’est bon pour le moral, à cause des endorphines. Qui sait, je pourrais peut-être en aider certains à faire un pied de nez à la Faucheuse…

Pour l’instant tu es vivant et je suis vivant. Tant mieux, parce que pour écrire et pour lire c’est plus pratique. Non, je crois que là il n’y a pas vraiment matière à réflexion.

Revenons à notre réflexion sur la matière. Même si elle est constituée essentiellement de vide (et d’informations, de fréquences, de vibrations), la « substance » qui constitue la réalité tangible c’est la matière. Mais elle vient d’où toute cette matière ?

Le big-bang. OK. Mais avant le big-bang, il y avait quoi ?

La science nous dit que la question n’a pas de sens. Et pour cause, le temps lui-même « commence » au moment de cette « singularité initiale » qui aurait donné naissance à notre Univers.

Je dis « qui aurait » parce que, d’une part je n’étais pas là à l’époque (Je suis sénior, oui. Je suis vieux… mais quand même.), et d’autre part nous notons que cette notion de big-bang est une déduction faîtes par les scientifiques à partir d’observations. Ils ont vu les galaxies s’éloigner les unes des autres. Et à un moment donné ils se sont dit : « Bon sang mais c’est bien sûr !… »

(Oui, comme dans la rubrique-à-brac. Pareil. Sauf que eux, les scientifiques, ils rigolent pas. Ils sont sérieux. Bardés de diplômes et tout.)

Les scientifiques se sont dit que dans un passé très très très lointain, toute cette matière devait être plus condensée. Plus condensée encore. Encore plus. Encore un peu. Voooilà. Jusqu’à ce « point initial ». Cette « singularité ».

Il y a plusieurs théories qui proposent d’inclure le big-bang dans « quelque chose » de plus grand. Bref. Certains pensent que le big-bang ce n’est peut-être pas le « vrai début ». Mais en réalité on le sait… personne ne sait.

On va dire, pour simplifier ou parce que c’est le cas, que la fameuse « singularité de départ », on ne peut pas aller au delà. Pour l’instant en tout cas, on convient que parler d’un « avant le big-bang » n’a pas de sens. OK. C’est bon pour l’univers.

Revenons à Descartes. Rebelote, si je peux dire.

Ce coup-ci on s’intéresse au fameux « Cogito ergo sum ». Je pense donc je suis (j’existe en tant qu’être pensant). Doute cartésien. Je doute de tout, sauf du fait que j’existe en tant qu’être pensant. Je ne fais aucune confiance à mes sens, donc rien ne me prouve que mon corps existe. Je n’ai aucune preuve formelle que le monde extérieur existe.

Prenons comme hypothèse qu’il n’existe pas le monde extérieur. Disons que je suis un être pensant avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d’imagination. Je pourrais très bien imaginer ce « monde extérieur », le créer de toutes pièces, avec toute sa complexité. Tout comme le cerveau crée « une réalité personnelle », mais là ce serait sans stimuli extérieurs. Le rêver en quelque sorte. Je rêve du Soleil, de la Terre, de la Lune. L’Histoire, la préhistoire, les milliards d’années d’existence de cet univers. Tout ça… ça fait partie de mon rêve.

Un univers qui en l’occurrence, en vérité, n’existe que dans mon imagination. Le rêve me paraît long. Très long. Il est persistant. À noter que même le temps de l’univers ainsi créé, ainsi imaginé, est une composante de mon rêve.

Dans ce cas, tous les autres habitants de cette planète, tous les humains, ne sont évidemment que les personnages de mon rêve. Le décor c’est le jour, la nuit, les continents, la mer, l’herbe, les arbres, les animaux… et les impôts. (Oui, eux ils existent partout « les frères qui rappent tout. »)

Et en réalité je suis un extra-terrestre (ressemblant à un céphalopode comme dans le film « premier contact »), et je suis plongé dans un coma profond depuis relativement longtemps.

Tu trouves que c’est un peu tiré par les cheveux. Oui. Moi aussi. Je le reconnais.

Où ça nous mène ce petit délire construit sur la base solide du doute cartésien ?

Considérons dans un premier temps notre monde. Il y a sur cette Terre « des entités conscientes d’elles-mêmes » (les êtres humains) vivant « dans un monde organisé. » (L’Univers qui contient notre galaxie, notre système solaire, notre planète.)

Et considérons dans un deuxième temps « des entités autonomes conscientes d’elles-mêmes dans une soupe thermodynamique sans traits bien marqués », en gros des consciences émergeant comme ça du chaos.

Entre ces deux propositions, laquelle te paraît la plus probable ?

Monsieur Ludwig Boltzmann (1844-1906) est physicien et philosophe. Il est considéré comme le père de la physique statistique. Monsieur Boltzmann nous dit que la seconde proposition est la plus probable. (Ben oui, les formulations entre guillemets, ce sont les siennes.) Donc des consciences qui existent, comme ça, émergeant du chaos, sans monde organisé autour, il nous dit que c’est plus probable que notre monde organisé, avec nous dedans.

Arrêtons-nous un moment sur le mot « cerveau ». On a dit « cerveau » pour « entité consciente ». On peut donc logiquement remplacer « cerveau » par « conscience ».

Non. Je ne suis pas marteau. Je sens bien en mon fort intérieur que je ne suis pas un « cerveau de Boltzmann », une conscience « qui existe grâce à des fluctuations quantiques aléatoires d’un état de chaos ». Mais on retient l’idée. Elle nous servira par la suite.

L’idée qu’une conscience peut émerger, exister, à partir du « chaos », à partir du « néant ». C’est, Ludwig Boltzmann, un scientifique de renom qui le dit.

« Petite » parenthèse sémantique. Le terme « chaos » (béance) peut signifier le « désordre originel ». Concept proche du « tohu » et du « bohu » hébreux, c’est à dire « le vague et le vide » selon la Génèse.

Bref. Même sans avoir de grandes connaissances à ce sujet, on peut penser que ce « désordre originel » échappe à « notre » entendement. À l’entendement humain. En effet, il semble extrêmement difficile, voire impossible, d’imaginer, d’appréhender ce « chaos » qui sort du cadre de notre perception habituelle de la réalité, à savoir l’espace et le temps (ou l’espace-temps).

Le « Chaos » est dans la mythologie grecque un « espace préexistant à toute chose, et notamment à la lumière », c’est à dire avant que la lumière soit.

Le chaos de manière plus terre à terre nous renvoie à un « amalgame hétéroclite de choses », un « amas confus, désordonné, pas organisé », alors que le chronos, le temps linéaire, « le temps » dans le langage courant, nous permet de nous « organiser ». Il est important d’après moi de dire que c’est le temps (linéaire) qui organise notre monde. On y reviendra plus tard.

Fin de la parenthèse sémantique.

On y retourne. La réalité, les phénomènes observables. Ce que je vois, je perçois, ce que tu vois, tu perçois autour de toi ce sont des « phénomènes ».

Mon tabouret, qui rappelons-le ne fait pas le con comme l’électron, et qui reste sagement sous mes fesses, c’est un phénomène. Mon écran d’ordi, ta liseuse, la pomme, la relance d’impayé, les Bleus qui gagnent la Coupe du monde. Des phénomènes. La Lune, la Terre, les étoiles, les galaxies. Des phénomènes. Et enfin « Phénomène Raven », c’est un phénomène, comme son nom l’indique.

Je pense qu’on a fait le tour du point de vue scientifique sur la réalité, ou plutôt de « ma vision, mon interprétation » de ce « point de vue scientifique » (c’est à dire « ce qui est communément admis par l’ensemble la communauté scientifique »).

En gros, on a le big-bang pour expliquer l’existence de l’Univers, de la réalité physique. Quant à savoir « vraiment » ce que c’est la matière, c’est le flou artistique.

I/ E/ Mets ta cagoule, il fait froid. Métaphysique… c’est chaud.

 

« Méta », ça veut juste dire après. Et « physique », on en a parlé, c’est les choses naturelles, ce qui observable quoi. C’est tout ? Y a pas de quoi avoir peur alors.

Précision : La définition de « la réalité » que l’on a donnée au début (« ensembles des phénomènes observables ») reste valable uniquement pour « la réalité matérielle ».

En entrant dans ce chapitre sur la métaphysique, on rentre dans « une autre réalité » que la « réalité matérielle ».

Ça me fait penser à « Au delà du réel », la série. C’était super. Même le générique. « Nous pouvons aussi bien vous donner une image floue qu’une image pure comme le cristal. »

Avec la métaphysique, c’est un peu ça. On est « au delà du réel sensible » de notre quotidien.

Puisqu’on vient de parler dans le chapitre précédent de « phénomènes », considérons rapidement ce que les philosophes appellent le « noumène »… juste pour voir où ça nous mène.

Noumène. Du grec nooumena, « choses pensées », lui-même dérivé de nous, « l’esprit ».

Pour monsieur Platon le noumène c’est le monde des « Idées », c’est à dire la « réalité intelligible perçue par la raison » qui s’oppose à la « réalité du monde sensible ».

OK. Prenons, intellectuellement, la « pomme idéale » (une pomme du « monde des Idées » de Platon). Prenons, avec la main, une « pomme réelle ». (Une Golden, une Gala, une Kanzi, ce que tu as sous la main fera l’affaire.) La pomme que l’on achète au supermarché ou que l’on cueille directement sur le pommier, elle peut combler un petit creux. La « pomme idéale », non. On est d’accord.

Là-dessus monsieur Platon il nous dit que, d’après lui, c’est « la pomme idéale » qui est la « vraie pomme ».

Donc, si j’ai bien compris avec mes petites neurones fantasques de philosophe amateur, pour Platon ce qui est de l’ordre de « l’esprit » (la pomme idéale) c’est « plus vrai » ce qui existe dans le monde physique (la pomme dans mon caddie). Ce qui valable pour la pomme est bien sûr valable pour tout le reste. C’est valable pour tous les phénomènes. C’est intéressant. Bizarre comme idée (surtout si on a faim), mais intéressant. (En gros si tu as faim et que Platon te donne « une vraie pomme »… c’est pour ta pomme.)

Parce que tu seras d’accord avec moi, pour le commun des mortels la pomme qui paraît la plus réelle c’est la pomme dans le caddie. (Ce qui est réel aussi c’est qu’ils ont augmenté le prix. Je dis ça je dis rien.) J’ai écrit « qui paraît la plus réelle », et non pas « qui est la plus réelle ». En effet, si on reste à la surface, avec des « ce qui paraît », c’est qu’on ne veut pas vraiment essayer de voir au-delà des apparences pour espérer « entrevoir » la « vérité », une sorte de « réalité supérieure ». Non ?

Concernant le noumène, Kant nous dit que nous ne pouvons connaître le monde « qu’à travers le prisme de notre structure mentale ». Donc cela renvoie à la limite de notre structure mentale pour connaître « vraiment » le monde. On est limité.

On regarde rapidement ce qu’on a d’autre sur le noumène pour voir si c’est cohérent.

C’est « la chose en soi » qui se trouve « en arrière-plan du phénomène ».

Si c’est « en arrière plan », donc c’est éloigné. On n’arrive pas à bien « voir », à savoir, à comprendre. On est limité.

C’est « ce qui pourrait être connu » si notre connaissance n’était pas « limité à la sensibilité ».

Ça « pourrait être connu », donc ça ne l’est pas. Pourquoi ? Parce que notre connaissance est « limité à la sensibilité ». C’est ballot. Là aussi, on est limité.

Le noumène on ne peut que « l’effleurer qu’aux confins l’intelligence ». (Monsieur Edmund Husserl)

Bref. Tout ça pour dire que le « noumène », c’est clair, ça nous mène en gros aux confins de notre entendement, aux confins de l’entendement humain.

Je considère qu’il y a une même idée qui revient. L’esprit humain est limité pour appréhender, pour comprendre la « véritable nature des choses ».

On peut l’exprimer avec d’autres termes. Avec notre « esprit humain limité » on a accès à « l’existence » (la réalité matérielle, les choses réelles, les phénomènes observables) mais on n’a pas accès à « l’essence » des choses (leur « nature profonde », leur « vraie nature », ce qu’elles « sont » vraiment).

Zoom arrière. On continue à prendre du recul par rapport à la « réalité matérielle », à la matière. OK. L’esprit, L’âme, tout ça, tu n’es pas réfractaire j’espère. Allez, on y va, on parle du « côté spirituel » tout en prenant aussi en compte le « côté matériel ».

Puisque l’on est dans « le spirituel »… « Que vos prières sollicitent un esprit sain dans un corps sain. »

Bon, le plus souvent « la prière » elle passe à la trappe, et on ne cite que la fin en latin et ça donne : « Mens sana in corpore sano ». « La célèbre maxime de Juvénal. »

Bizarre ça, sur le net j’ai deux traductions dis donc. « Une âme saine dans un corps sain » et « Un esprit sain dans un corps sain. ». L’âme et l’esprit c’est pareil ?

Certains vont répondre oui sans hésiter. Mais à vrai dire ça semble être un peu plus compliqué.

Alors « spirituellement » qu’est-ce qu’on a ? (Ben oui, je ne peux pas dire « concrètement ».)

Il y a ceux qui croient qu’il n’y a ni âme, ni esprit. Il y aurait juste la réalité matérielle, le cerveau, et la conscience qui émerge de ce cerveau. Sinon on a la dualité corps-esprit. On a aussi la dualité corps-âme. La trichotomie esprit-âme-corps et juste à côté la tripartition âme-esprit-corps. La trichotomie, la tripartition, c’est kif kif, on divise en trois.

(Attention, on « divise » pour expliquer, mais il faut bien « comprendre », en tout cas moi je le vois comme ça, que ça reste lié.)

Comme tu le constates, là aussi, c’est loin d’être simple. Mais attends, ça se complique encore au niveau sémantique.

Ce que certains nomment « esprit » d’autres l’appellent « âme ». Pour certains l’âme est le siège des activités psychiques et il fait le lien entre l’esprit et le corps. Pour d’autres c’est l’inverse. C’est l’esprit qui fait le lien entre l’âme et le corps.

Donc il y a ceux qui mettent l’esprit tout « au dessus », tout « en haut ». Pour d’autres c’est l’âme qui est tout « en haut ». Sans compter ceux qui parlent d’âme spirituelle. Ouais. C’est mal barré.

Parenthèse importante. Et là on ne prend pas en considération les 7 corps énergétiques (ou corps subtils) de certaines traditions religieuses orientales ou ésotériques. Idem pour les différentes composantes (ou niveaux) de l’âme suivant la tradition hébraïque. On ne prend pas non plus en compte les autres visions religieuses ou philosophiques. Fin de la parenthèse.

Bref. On ne s’en sort pas. Juste avec les termes « âme » et « esprit », on se retrouve déjà dans une friche sémantique où une chatte ne retrouverait pas ses petits. Ben oui, si je raisonne avec ces termes polysémiques, j’estime que je vais « raisonner » comme un cloche et que ce que je vais te dire sera mal compris, voire pas compris du tout. Et évidemment ce serait de ma faute.

Remettons l’église au centre du village et essayons d’avancer.

On est sûr de quoi ? Disons que l’on a un base matérielle, le corps. Jusqu’ici tout le monde est d’accord. Tu es d’accord ? Et moi, en philosophe amateur, en libre penseur, je décide de dire que l’on a un « esprit » qui est d’une « autre substance » que la matière. Peu importe le nom qu’on lui donne, l’âme, l’esprit, l’âme spirituelle. Et s’il y a « une sorte d’intermédiaire »,…

(Je ne peux pas dire « quelque chose ». Je ne peux pas. On est dans le « spirituel ».)

…s’il y a « une sorte d’interface » qui fait le lien entre les deux, entre le spirituel et le matériel, et ben c’est tant mieux.

C’est trop simpliste d’après toi ? On rajoute des corps subtils, une aura ?

Oui. Pourquoi pas ? OK. Un champ magnétique de faible intensité autour du corps ? D’accord. De toute façon pour moi ce n’est pas gênant. Je suis ouvert d’esprit, vraiment conciliant.

Rien ne me dérange vraiment, du moment que l’on fasse une distinction entre « notre partie matérielle » et « notre composante spirituelle » en disant qu’elles « ne sont pas de même nature ».

Faisons le point. Où est-ce qu’on en est arrivé concernant cette réflexion sur « la réalité » et « le monde spirituel » ?

Bon, au début on a brossé le tableau de la réalité matérielle, dont le cadre est l’espace et le temps. Intellectuellement, on vient de rajouter un composante spirituelle. Nous, les êtres humains, nous avons la conscience d’exister et nous sommes conscients de la réalité (perceptible) qui nous entoure et dont nous faisons partie.

Jusque-là j’ai bon d’après toi ? Je viens de relire. Ouais. On dirait que ça se tient.

Non. Y a un problème. On a conscience « d’exister », ça renvoie au monde matériel. Si on admet qu’il y a une composante spirituelle, alors on n’a pas seulement la conscience « d’exister » mais on a aussi la conscience « d’être ». « J’existe », en tant que corps matériel. « Je suis », en tant « qu’être », c’est à dire avec un corps matériel et une composante spirituelle. Enfin, moi je le vois comme ça.

Je répète que la définition de départ de « la réalité », (ensemble des phénomènes observables), elle reste valable uniquement pour la réalité matérielle. L’ensemble « réalité matérielle » plus « réalité spirituelle », il faut peut-être lui donner un nom. Tu ne crois pas ? On veut les unir dans un ensemble. Puisque c’est « uni », je serais tenté de proposer « Univers »… mais le terme est déjà pris pour « l’Univers matériel ». Oui, on a dit que le big-bang a donné naissance à l’Univers. Donc c’est pas bon. (C’est ballot.)

Eurêka ! On n’a qu’à faire plus simple. Uni, « Unité ».

L’ensemble « réalité matérielle » plus « le monde spirituel », on décide d’appeler ça « l’Unité ». (« exister » c’est dans le monde matériel et « être » c’est dans « le monde spirituel », et aussi dans « l’Unité ».)

On prend un peu de recul (temporel), juste pour voir où on en est.

Pour la création de l’Univers (en tout cas de l’Univers matériel) on a dit que c’est le big-bang. Sans savoir pourquoi et comment elle a eu lieu cette singularité de départ. OK pour l’univers. On a une explication qui tient la route.

Et pour les êtres conscients, les êtres humains ? On n’a pas dit comment ils sont arrivés là.

On confond dans cette réflexion « les êtres conscients » et « les êtres humains ». Mais j’aimerais quand même évoquer très rapidement la conscience chez d’autres espèces. Les différentes espèces d’hominidés ayant existé. Et comme je ne veux pas avoir de problèmes avec les défenseurs de la cause animale, on parle aussi des grands singes, des cétacés… Oui c’est assez. Sinon on va pas s’en sortir. Ben oui, j’ai dit « très » rapidement.

Revenons à nous. Revenons aux êtres humains. On commence par le début. On commence par « l’apparition » de la vie.

Parenthèse « il était une fois ». J’ai adoré, toujours quand j’étais môme, « il était une fois l’homme ». C’était génial. Vraiment c’était vachement bien fait. Même la musique du générique. Maestro avec sa grande barbe blanche qui lui arrive jusqu’aux pieds, qui lui fait comme un habit. Y avait un personnage un peu costaud et un autre plus mince. D’épisode en épisode, l’époque changeait, mais les deux amis ils étaient toujours ensemble. Plus tard à la télé on a diffusé « il était une fois la vie ». Là, non, j’ai pas trop kiffé. Bref. Fin de la parenthèse.

Oui, la vie. Admettons, toujours dans un souci de concision, que la vie a émergé de la matière minérale, de la matière inerte. Atomes, molécules, bases azotées, acide ribonucléique (ARN), acide désoxyribonucléique (ADN), la première cellule vivante. On fait confiance à Monsieur Charles Darwin, à sa théorie de l’évolution. Tout ça évolue pour donner des myriades d’espèces de plantes, d’animaux, de champignons, etc.

Avec l’évolution, certaines espèces se dotent d’un cerveau. Dans l’embranchement des vertébrés, et notamment la lignée qui a finalement abouti à homo sapiens, au fil du temps le cerveau se complexifie. De ce cerveau complexe progressivement émerge la conscience. OK. C’est bon. On a une explication pour l’existence des êtres conscients.

T’as vu la concision ? Hé ! Des milliards d’années ramenées à quoi… même pas une minute de lecture. C’est pour ça que je vais vite sur certains trucs, pour avoir du temps pour des parenthèses apparemment futiles mais qui me tiennent à cœur. (Je suis pas si con. Je suis concis.)

Tu as remarqué ? Y a un souci. On a perdu le « côté spirituel » en route.

(Si je dis on a perdu « notre âme » à force d’être trop dans « le côté matériel », d’après toi je fais de « l’esprit » ? J’aime bien ce genre de phrase. Ça ne fait pas avancer le schmilblick d’un yota, mais j’aime bien quand-même.)

Ben oui, parce que la conscience qui émerge du monde matériel c’est bien gentil, mais ça ressemble à la vision du monde d’une personne athée.

Tu es libre de croire ou pas… l’affirmation qui suit. Il y a plus de personnes croyantes sur Terre que de personnes athées. (J’ai bien aimé le film « Contact », avec Jodie Foster. C’est tout. Concision.)

Donc il y a plus de probabilités que « la personne qui lit ce texte » soit croyante que de probabilités qu’elle soit athée. De ce fait, si je ne creuse pas plus « le côté spirituel », ça ne va sûrement pas plaire à la majorité de mes lecteurs. Déjà qu’il n’y en a pas beaucoup. Bref.

Puisqu’on parle de ça, de religion, de spiritualité, je suis chrétien catholique. Au delà du fait que je suis chrétien, j’ai une vision assez singulière « du monde ». Une vision qui, tu l’as sans doute déjà compris, n’est pas uniquement matérielle.

Athée ou croyant, je te respecte en tant qu’être humain et je respecte tes croyances. Quelle que soit ta religion, quelles que soient tes croyances. Je respecte.

Pour progresser dans ma réflexion, il y a une notion qui est nécessaire. Une notion très importante que l’on n’a pas encore abordée. Il est temps de le faire. C’est le temps. On a juste effleuré en disant, et en répétant, que le temps fait partie du cadre de la réalité ou de notre monde. Un monde qui est « uniquement matériel » pour certains (l’Univers), ou « matériel et spirituel » pour d’autres (l’Univers plus le monde spirituel, ensemble qu’on a appelé « l’Unité ».).

« Le côté spirituel » ainsi que « l’Unité », je vais bien sûr y revenir. Chaque chose en son temps.

I/ F/ Laissons du temps au temps

Ma réalité, la tienne, et d’une façon plus large « la réalité » (« l’existence »), on peut dire que c’est une suite d’événements qui se déroulent dans l’ordre chronologique.

L’étymologie de « chronologie » nous renvoie à Chronos, le dieu du temps. Il s’agit ici de la notion de durée, de temps linéaire.

(Le temps cyclique, l’éternel recommencement, tout ça, je le laisse de côté. Et il ne reviendra pas. Je sais, ce n’est pas logique. Le temps cyclique ça devrait « revenir ». Ben là, non. J’aime bien le concept. En plus y aurait tellement de choses à dire. Mais il n’a pas d’influence sur la conclusion de ma réflexion. C’est comme qui dirait un « élément neutre ».)

On passe rapidement sur la notion de « Kairos », « le temps de l’opportunité », « le point de basculement », le « temps intuitif », l’instant « décisif » qui donne « de la profondeur » à l’instant.

On ne s’attarde pas trop longtemps sur le « Aiôn ». (ou aïon, qui donne aussi le mot éon)

Aïon qui renvoie à la durée, mais beaucoup plus longue que celle d’une vie humaine.

Pour la science, là du coup c’est la paléontologie, c’est un éon.

(Ben oui, un éon de paléontologue c’est pas un néon bas de gamme vendu dans un magasin discount et qui ne dure pas. Non. Ça dure très très très longtemps. Donc, rien à voir.)

Plus sérieusement, il y a quatre éons terrestres. Pour les trois premiers c’est plusieurs milliards d’années chacun. Le quatrième, ça va, c’est nettement « plus court », mais bon ça fait quand même 539 millions d’années. Par rapport à la durée d’un vie humaine… ça donne le vertige.

Dans la Bible les éons sont des périodes « très longues » dont la durée est « indéfinie ». Aiôn renvoie à d’autres sens particuliers, notamment à la notion d’éternité.

Ça va ? L’aiôn c’était pas trop long ?

On revient sur le temps linéaire qui cadre notre réalité (existence).

Le temps, intuitivement tout le monde sait ce que c’est. Hier, aujourd’hui, demain, avant, après. Pendant une heure. Donne-moi une minute. Tout le monde comprend. Percevoir ce qu’est le temps, et surtout ses effets sur notre existence, pas de problème. Définir le temps… là c’est une autre histoire.

Prenons une définition au hasard. Wikipédia. Pourquoi pas ?

« Le temps c’est une notion qui rend compte du changement dans le monde ».

J’ai bon alors. J’ai trouvé une définition du temps. Elle me paraît satisfaisante. On passe à la suite. Tu en penses quoi ?

Moi je pense que ce n’est pas aussi simple. C’est le mot « changement » dans la définition qui pose problème. Dans le mot « changement » il y a déjà la notion de temps. Considérons le changement comme le passage d’un état à un autre.

(Oublions un instant « le même état quantique qui peut posséder plusieurs valeurs blablabla… ». En gros, laissons de côté le « chat de Schrödinger » en se disant que tout compte fait il doit sûrement être mort et que du coup il n’y a pas maltraitance animale à l’oublier dans sa boite. D’autant plus que ce n’est pas moi qui l’y ai mis.)

Allez, on redevient sérieux. S’il y a un état et un autre état, ces deux états ne peuvent pas exister au même « instant ». Donc un temps, ou plutôt une durée, si minime soit-elle, s’est écoulée entre le premier état et le deuxième.

J’ai fait exprès d’écrire « un état et un autre » et non pas « un état puis un autre ». La différence est subtile, mais dans la seconde formulation le temps qui passe apparaît de façon encore plus évidente, avec le mot « puis ».

Une autre définition que je pioche au hasard sur le net.

« Le temps c’est ce qui fait que tout instant présent, dès qu’il apparaît, est remplacé par un autre instant présent. » C’est mieux tu crois ?

Dès que : Sitôt que, immédiatement après. Là aussi la notion de temps est déjà présente dans la définition.

Une dernière pour la route. Allez, celle du Larousse. « Notion fondamentale conçue comme un milieu dans lequel se succèdent les événements. »

Se succéder : Venir après quelque chose. « Après ». Idem, la notion de temps y est déjà.

Événement. C’est ce qui arrive. Et donc ce qui n’était pas là « avant ». Rebelote. Une deuxième fois la notion de temps.

Tu vois, on pourrait jouer à ça pendant longtemps. Dans toutes les définitions du temps que j’ai trouvé, la notion de temps est déjà dedans. Si tu en trouves une qui définit le temps sans contenir la notion de temps, je suis intéressé. Et là… je parle sérieusement.

Pour comparer prenons la définition d’un marteau.

Marteau : Outil pour frapper, composé d’une masse métallique fixée à un manche.

Le marteau c’est un outil, parmi d’autres outils créés par l’Homme. On peut le définir en énumérant ses composants. C’est pas difficile à définir. C’est un objet « réel », palpable. Quand je veux taper sur un clou, et qu’à cause de mon adresse légendaire, le marteau tape sur mon doigt, j’ai vraiment conscience que c’est un objet bien réel. Et évidemment je fais plus attention. Au moins pour un temps.

Le temps, contrairement au marteau, est une notion fondamentale. C’est pour ça qu’il est si difficile à « vraiment » définir. Le temps fait partie de notre monde, certes, mais comme on ne peut pas le toucher, le voir (on voit, on constate ses effets, pas le temps lui-même) on peut logiquement se poser la question de sa « réalité ».

Rappelle-toi, on a dit au départ que la « réalité » c’est ce qui est concret, tangible. On perçoit le temps de façon intuitive, mais pas avec nos sens. Du coup, le temps peut être considéré comme une construction mentale.

Tu pourrais me dire que quand on regarde l’heure sur une horloge, on le « voit » le temps. On voit « le temps qui passe ».

On voit l’horloge. Oui. On voit les aiguilles bouger sur une horloge analogique ou des chiffres qui à moment donné changent sur une horloge numérique. On voit « quelle heure il est », mais on ne voit pas le temps.

Parenthèse « Autant en emporte le temps ». « Le temps passe… » Combien de fois on entend ces mots dans notre vie ? Combien de fois on les dit ? « Le temps passe à une vitesse. » Ou d’autres phrases du même genre.

Je dis « le temps passe », mais en vérité c’est moi qui passe. Je nais, je vis, je meurs. Et après ma mort le temps continuera à rythmer le cœur de notre monde matériel. Alors un jour mon cœur m’a dit que ce n’est pas le temps qui passe, c’est moi qui passe, c’est moi qui trépasse, c’est moi qui suis de passage… et le temps reste. Fin de la parenthèse.

Intéressons-nous à présent à la représentation du temps (qui passe). En général c’est une ligne avec une flèche, vers où le temps « s’écoule » (comme s’écoule une rivière). On parle toujours ici du temps linéaire.

Le temps linéaire. Trois visions. Trois propositions.

Proposition 1 : Seul l’instant présent existe. Le passé n’existe pas car il « n’existe plus » et le futur n’existe pas car il « n’existe pas encore ».

Proposition 2 : Le passé et le présent existent. Le futur n’existe pas car il « n’existe pas encore ».

Proposition 3 : Le passé, le présent et le futur existent.

La proposition 3 me rappelle une définition du temps que j’ai lu il y plusieurs années, sans bien sûr la noter. Donc je ne sais pas de qui elle est. En gros ça disait que le temps c’est ce que la nature a trouvé de mieux pour que tous les événements ne se passent pas en même temps. Je l’aime bien cette définition.

Je ne sais pas toi, mais moi la troisième proposition me pose un problème. Un, je deviens encore plus bizarre que le « chat de Schrödinger » qui est à la fois mort et vivant. Puisque le passé, le présent et le futur existent, donc ils co-existent. Ici le « je » disons que c’est mon corps matériel. Donc je n’existe pas encore (dans le passé avant ma naissance ou avant ma conception, on va pas chipoter), je suis vivant (actuellement, au moment où j’écris ces mots) et je suis mort (dans le futur qui commence juste après l’instant de mon décès).

Je n’existe pas encore, j’existe, et je n’existe plus, les trois à la fois. Pour l’esprit humain, c’est pas logique. C’est impossible.

De plus, si le futur « existe déjà », qu’il est déjà « écrit », que devient le libre-arbitre, que devient « mon » libre-arbitre ?

C’est vrai. Ça devient ardu. On laisse la question du libre-arbitre en suspens. Y a beaucoup de trucs en suspens du coup là, non ? Oui. Mais ça va se décanter tout seul. Il faut juste être patient.

Parenthèse de l’érudit. Une parenthèse extrêmement importante.

Je voudrais te soumettre un souvenir diffus. Il y a une dizaine années j’ai regardé une vidéo sur le net. En gros, si je me souviens bien, il y avait une demi-douzaine de personnes de confession hébraïque face à homme érudit, un rabbin, enfin je suppose.

La réflexion d’un des hommes sonnait comme une question. En substance, sûrement pas avec ces mots-là, il disait la chose suivante. Il y a eu au début la création du monde, puis bien des années plus tard, à l’époque de Noé, le Déluge. Si Dieu a provoqué le Déluge pour punir les méchants, c’est qu’Il a vu que ce qui ce passait sur Terre n’était pas bien, n’était pas parfait. Or si Dieu est parfait, comment se fait-il alors que ce qu’il a créé puisse être, à un moment donné, imparfait.

En substance la réponse de l’érudit a été la suivante. Nous les humains, nous voyons la création du monde, les années qui passent, les personnes qui désobéissent à Dieu. Nous les humains nous voyons Noé construire l’arche, nous voyons le Déluge s’abattre sur la Terre. Et nous voyons un peu plus tard la vie renaître, grâce justement à l’arche. Nous pouvons aussi voir par la suite les hommes redevenir nombreux, et vivre de génération en génération jusqu’à notre époque. Nous les hommes nous voyons ces différents moments, cette durée, toutes ces années, ces siècles, ces millénaires…

Si je me souviens bien, à ce moment de sa réponse l’érudit avait déjà écarté les bras, les mains grandes ouvertes. Et il a continué.

… mais pour Dieu, toute cette durée, toutes ces années, tous ces siècles, touts ces millénaires…

(L’érudit ramène d’un geste brusque ses mains pour les joindre dans un claquement.)

… ne durent qu’un instant. « Je suis l’alpha et l’oméga, le début et la fin de toute chose. »

Et il a continué a expliquer aux hommes qui étaient autour de lui que « le temps pour Dieu » n’est pas le même que « le temps pour les hommes ».

Ça… c’est vraiment intéressant. Vraiment très important. Disons, en faisant confiance à cet érudit, que le « temps » des hommes est différent du « temps de Dieu ». Peut-être que le même « futur » existe « déjà » pour Dieu mais qu’il « n’existe pas encore » pour les hommes. Comme pour beaucoup de « choses », tout dépend du « point de vue ».

Ou peut-être que cette question est tout simplement insoluble dans l’océan des raisonnements humains.

Fin de la parenthèse de l’érudit.

Intuitivement, comme pour la perception du temps, je dirais que le libre arbitre existe, quelle que soit la représentation que nous pouvons nous faire du temps. Je « crois », je « sais de façon intuitive » que « le Concepteur du jeu » m’a fait cadeau d’un joystick précieux. Un joystick qui me permet de penser, de m’exprimer et d’agir comme je le veux. (J’allais écrire « comme bon me semble », mais non, puisqu’il y a dans cette formulation une injonction à faire le bien.)

Ces trois propositions concernant la représentation du temps, je les ai écrites de mémoire. J’espère que je ne me suis pas trompé. Il y a sans doute d’autres propositions.

Résumons ce que j’ai dit à propos du temps.

Le temps on sait intuitivement ce que c’est, mais on ne sait pas « vraiment » ce que c’est, on n’arrive pas à le « définir ». C’est une notion fondamentale qui cadre notre « réalité », notre « existence ». Quant à savoir si le temps lui même est « réel », je te laisse seul juge. Mais on peut penser que c’est une construction mentale, une sorte d’illusion, sans nécessairement passer pour un fou.

Déjà j’ai argumenté pour dire que la matière c’est « essentiellement » du vide. Un réalité matérielle qui est composée « de vide, de vibrations et d’informations » c’est vraiment « réel » ? On peut légitimement se poser la question. Si l’on rajoute à ça que le temps peut être considérée comme une construction mentale, alors que reste-t-il « vraiment » de notre « réalité » ?

I/ G/ Juste une illusion ?

Soyons fous. Considérons, juste pour un instant, que l’espace (et tout ce qu’il contient) et le temps (et tout ce qu’il « contient ») sont deux illusions. Alors du coup, ma perception humaine de « la réalité », dans ce cadre constitué par l’espace et le temps, est aussi une illusion.

En d’autres termes, « Je », en tant qu’entité spirituelle, suis « aux commandes » de mon corps physique, je vis une sorte de « rêve prégnant » qui se trouve être « ma réalité », puisque je n’ai que ce cadre de référence.

Dans cet optique, je suis d’abord et essentiellement (par essence) une « esprit » qui expérimente « cette réalité » (« premier niveau »).

On a vu que l’entendement humain est limité pour appréhender « le noumène », « la chose en soi », « l’essence » des choses. On n’a accès qu’aux phénomènes observables, à la réalité sensible, à « la réalité ».

Je pense que le « deuxième niveau », c’est à dire le « monde spirituel », je ne suis pas capable de le concevoir avec mon intellect. « L’Unité », qui unit « la réalité » (existence) et le « monde spirituel », un être humain n’est pas capable de le « connaître » avec la raison, pas plus qu’un vers de terre n’est capable de faire des études d’astronomie.

Alors, d’après toi, le temps et l’espace sont « vraiment » des illusions ? Notre réalité ne serait qu’une illusion ?

I/ H/ Une araignée au plafond?

Si tu veux bien on récapitule.

Notre Univers aurait commencé à « exister » il y environ 14 milliards d’années, par une singularité initiale qui a donné le big-bang. Notre réalité matérielle (existence) est cadrée par l’espace et le temps (ou l’espace-temps). Notre réalité matérielle est constituée essentiellement de vide, de vibrations et d’informations.

Nous les humains, nous existons en tant qu’êtres conscients. Chaque humain est conscient de lui-même et il a aussi conscience de « la réalité » (matérielle) qui l’entoure.

Ces consciences ne font pas que constater que le monde « existe ». En tant que témoins de la réalité existante, les consciences humaines ont un impact sur « la réalité » (existence).

Chacun de nous, on est facilement trompé par nos perceptions, puisqu’il y a une interprétation qui est faîte par notre cerveau de ces perceptions. La preuve, on confond très souvent, pendant le sommeil, le rêve et la réalité. Il est vrai que les deux sont des construction mentales cadrées par l’espace et le temps (ou l’espace-temps), le seul cadre que nous connaissons.

Alors un jour, venue de je ne sais où, une intuition a fait « jaillir » cette idée dans mon esprit. Une conscience, un esprit, avec un très grand potentiel (d’une puissance ineffable) pourrait très bien « rêver » d’un monde aussi vaste et aussi complexe que notre Univers.

Tu vois où je veux en venir ? Bien sûr que tu vois.

Revenons au « cerveau de Boltzmann ». Une conscience « qui existe grâce à des fluctuations quantiques aléatoires d’un état de chaos ». Ce cerveau « matériel » émergeant du néant. À partir de ce « cerveau », de cette « conscience » faisons preuve nous-mêmes d’un peu de créativité, d’imagination.

Imaginons l’inimaginable. Imaginons ce « avant le big bang ».

Tu pourrais me peux me faire remarquer que l’on avait dit que un « avant le big-bang » n’a pas de sens. Effectivement, et tu aurais raison. Tu pourrais aussi me dire que c’est vraiment très compliqué, puisqu’on n’a pas de données. Et là encore tu aurais parfaitement raison.

Mais bon, si tu veux bien, essayons quand même. On suppose déjà qu’il n’y a pas de matière. Normalement on a bon, puisque c’est avant la création de la matière par le big-bang. S’il n’y a pas de matière, il y a quoi ? On a parlé de deux substances dans cet écrit. La matière et l’esprit.

(« Esprit » et « matière » sont dans un bateau. « Matière » tombe à l’eau…)

Et s’il y avait « à l’origine » une « conscience », un peu du type du cerveau de Boltzmann, c’est à dire qu’on ne sait pas trop « d’où elle vient » et comment elle est « arrivé là ». (Bien sûr Boltzmann parle d’un cerveau, donc de quelque chose de matériel. Et là ce n’est pas le cas.) Mais cette conscience originelle « est », c’est à dire qu’au lieu « d’exister » (« matériellement », et ça tombe bien, la matière n’existe pas encore), Elle « est », tout simplement.

Parenthèse « humilité ». Même si ce n’est qu’une réflexion intellectuelle, un « Esprit » qui « est » par Lui-même, qui donc n’a pas été créé, et qui s’apprête, tu l’a compris à « créer » un univers, cet Esprit mérite, humilité oblige, un minimum de respect. Enfin, moi je le « sens » comme ça. D’où les majuscules. Fin de la parenthèse.

Cette « Esprit » originel, et là évidemment on ne peut pas savoir ni pourquoi ni comment car ça dépasse notre entendement, Elle se met à « rêver ». C’est ce qu’Elle veut. C’est Sa volonté. Mais ce « rêve », ce n’est pas un « rêve » avec un scénario chaotique, qui n’a ni queue ni tête. Non. C’est au contraire un « rêve » très minutieusement préparé. Dans ce « rêve », la moindre particule aura des propriétés particulières. Masse, charge électrique, spin, etc. L’Univers (matériel) aura des caractéristiques bien particulières.

Parenthèse assez longue sur les « caractéristiques bien particulières » de notre Univers.

Les scientifiques appellent ça les « constantes universelles ». Vitesse de la lumière, constante de Planck, constante de Newton, constante de Boltzmann, etc. Elles sont très précises ces constantes. Oui des chiffres très très très précis. D’après ce que nous disent les scientifiques, si on change une seule de ces constantes (ne serait-ce que d’un milliardième, 9 chiffres après la virgule, « une poussière ») l’Univers « ne peut pas exister ». Pas de galaxies, pas d’étoiles, pas de planètes, pas d’atomes, pas de molécules, pas de vie.

Oui. On peut affirmer que notre Univers est réglé « à la perfection ».

Pour moi, il y a deux possibilités.

Première possibilité.

On peut imaginer que le processus de départ, « la singularité » qui a initié le big-bang, et donné naissance à notre Univers, n’est pas unique. On peut imaginer des myriades de big-bangs. Un très très très grand nombre « d’univers naissant ». Un nombre qui est « infini » ou qui tend vers l’infini.

On peut se dire que chaque univers créé par chaque big-bang à des caractéristiques bien particulières, des constantes qui lui sont propres. Si les constantes ne sont pas réglées précisément d’une certaine façon (« parfaitement réglées »), l’univers « s’effondre », n’existe plus et retourne au « néant ».

On peut penser que sur ce très très grand nombre, cette « infinité » de big-bangs, d’univers auto-créés sortant du « néant », il y en a au moins un (probabilités oblige) qui a des caractéristiques parfaitement réglées (c’est notre Univers) lui permettant de « continuer à exister », de « se dilater », de produire des galaxies, des étoiles, des planètes, la vie et finalement l’Humanité.

Deuxième possibilité.

On peut imaginer que ces caractéristiques très bien réglées, « ces constantes universelles », une « Intelligence supérieure », un « Esprit supérieur aux capacités ineffables qui dépassent l’entendement humain » les a réglées dès le départ.

En gros, on a d’un côté des milliards et des milliards d’univers qui se créent (en veux-tu en voilà) et c’est par hasard que notre Univers est « stable » et d’un autre côté on croit qu’une « Puissance supérieure » a fait en sorte que « ces constantes » soient réglées à la perfection de façon à ce que notre Univers puisse exister.

On pourrait argumenter longtemps en faveur de l’une ou l’autre de ces hypothèses.

Moi je crois… intuitivement que c’est la seconde hypothèse, c’est à dire les caractéristiques réglées à la perfection dès le départ par « une Puissance supérieure », qui est la bonne.

Pourquoi ? Tout simplement à cause de « Rires et Chansons ».

Je m’explique. Ben oui, là il faut. Quand une ou un humoriste fait une bonne blague (par exemple celle d’Élodie Poux « Barbie chevelure équestre », je la trouve excellente), je sais pas toi, mais moi je suis pété de rire et je me dis du coup que l’humoriste, celui ou celle qui a créé ce sketch, a vraiment du talent. Tout simplement.

Je ne me dis pas que le comique n’a pas plus de talent qu’une autre personne mais qu’il a de la patience, une tenace persévérance, et qu’il a dû très peu dormir la nuit pour avoir le temps d’imaginer des millions et des millions de blagues, pour en trouver finalement une qui fait mouche.

(Voilà, elle vaut ce qu’elle vaut mais c’est la contribution de «Barbie» ma « compréhension de la réalité »… non, disons pour être dans le « vrai », la contribution de « Barbie » à ma vision de « l’Unité ».)

Fin de la parenthèse sur les « constantes universelles ».

Revenons à ce fameux « rêve » et au « Rêveur ».

Bien sûr ce rêve commence par une explosion gigantesque. Oui, le fameux big-bang. Et puisque cette Esprit a un potentiel, une puissance inimaginable, Elle a tout bien calculé pour que de toutes petites particules (quarks, anti-quarks, bosons, gluons, etc) se combinent pour former des atomes. Dans ce « rêve », avec le temps, apparaissent des galaxies, des étoiles, des planètes. Les propriétés des atomes (prévues elles aussi à l’avance dans la préparation du « rêve ») font qu’ils arrivent à se combiner pour construire d’abord des molécules, puis les premières cellules vivantes.

On peut aussi imaginer que Son potentiel est tel que le « Rêveur » est capable de suivre l’évolution de tous les éléments du décor et aussi tous les personnages de son rêve. Les humains y compris.

Je pense que « notre réalité » (matérielle, visible) c’est tout simplement « Son rêve ». Le « rêve de Dieu ». Une « cristallisation de Ses pensées » dans une « réalité inférieure à la Sienne » qui se trouve être « notre réalité » physique. Dans cette perspective, on peut imaginer qu’Il a une connexion particulière avec « les personnages du rêve qui sont conscients », avec chaque être humain, avec toi, avec moi, avec nous. Avec tous et avec chacun.

Par le biais de la mécanique quantique, on a vu que « la véritable nature de la matière » se trouve déjà à la limite de notre compréhension, de la compréhension humaine.

En essayant de « vraiment définir » le temps (linéaire), on a dit que c’est une « notion fondamentale », « indéfinissable », saisi intuitivement (compris, uniquement par le biais de ses effets sur les choses, sur la matière). Les différentes représentations du temps (linéaire) nous amènent aussi à la limite de ce que l’on peut comprendre en tant qu’être humain.

Si à la base, le cadre de notre existence ici-bas (la matière et le temps) sont déjà à la limite de notre compréhension humaine, alors n’est-ce pas faire preuve de prétention, de vanité que de vouloir « comprendre », avec l’intellect, « le monde spirituel » et de surcroît « l’Unité » ?

La clé de voûte de « ma vision particulière de notre réalité d’ici-bas » est une intuition. Cet essai mêle des raisonnements logiques à cette intuition. L’intuition d’un papillon, c’est relativement léger tu me diras. Et sans elle tout se casse la gueule. J’en suis parfaitement conscient.

Mais malgré tout, moi je fais confiance à mon intuition, quitte à passer pour un fou. Je pense que ce que l’on nomme habituellement « la réalité » est vide, énergie, vibrations et informations. C’est un merveilleux « rêve Divin ».

Je pense aussi que la réalité visible (matérielle) et le « monde spirituelle » sont deux « substances différentes » mais qui restent « unies dans l’Unité du Tout » .

Un petit clin d’œil à l’électron. Comme tu l’as remarqué, à plusieurs reprises dans cette réflexion je me suis moqué de l’électron. Je l’ai « un peu » charrié, c’est vrai. Mais il faut bien admettre que sans l’électron il n’y a pas de liaison de covalence. Pas de liaison chimique dans laquelle deux atomes se partagent deux électrons, leur permettant ainsi d’être « liés » et de rester « liés » pour former des molécules. Sans l’électron, pas de molécule d’eau, pas de vie, pas de corps physique ni pour toi ni pour moi. Pas d’humain. Pas de réalité humaine. En gros, au niveau chimique, c’est grâce à l’électron que « tout se tient ».

Comme l’électron (libre), moi aussi je reconnais que j’ai fait le con avec mes blagues à deux balles, mais comme lui j’essaie de faire en sorte que tout se tienne, que « tout soit lié ».

La « réalité » c’est le « rêve de Dieu ». C’est une affirmation à la fois loufoque et cohérente.

Je vois bien… tu vois bien que c’est contradictoire. Oui, bien sûr, à priori ça l’est, comme beaucoup de choses dans ce monde. Mais parfois la contradiction n’est qu’une apparence. Et je pense que pour tenter d’appréhender, tenter de comprendre « le monde dans lequel on évolue » (matériel et spirituel) il est nécessaire d’essayer de « voir » au delà des apparences (intellectuellement si ça s’avère possible ou spirituellement).

Imaginons que dans une soirée avec tes potes tu déclares de but en blanc : « Notre réalité c’est une sorte de rêve et c’est Dieu qui rêve ». Tes amis vont sûrement tout faire pour te convaincre de ne pas prendre le volant, de rester dormir là. Et ils vont même te conseiller ne pas t’asseoir sur le tabouret qui est là, mais de lui préférer le sofa.

Oui, évidemment, je le reconnais, cette déclaration est loufoque si on la jauge avec le sens commun, avec notre perception commune de la réalité.

Mais qu’en est-il « vraiment » si l’on prend un certain recul ? Comme pour certains tableaux où il faut avoir le bon angle de vue pour avoir une chance de saisir ce que veut nous montrer l’artiste. C’est à toi de voir.

Encore un paragraphe et après je passe à la conclusion de la première partie.

I/ I/ Dans la réalité de l’instant éternel

On l’a vu en mécanique quantique avec le « phénomène de l’observateur », juste en étant présent, en tant que témoin de cette réalité, nous avons « le pouvoir » de la modifier.

Plus concrètement on peut agir au quotidien sur ce monde, sur « notre monde » avec nos mains, avec notre intelligence, nos talents, nos idées, en essayant de réaliser nos rêves.

Tous les jours on a des choix à faire. Et les conséquences de nos choix sont bien réelles, pour les autres et pour soi-même. C’est valable pour toi. C’est valable pour moi. C’est valable pour chaque être humain évoluant dans ce monde, évoluant dans « cette réalité ».

Se retrouver le cul par terre parce qu’on s’est assis à côté du tabouret, ça peut faire sourire. Ça peut même faire rire. Mais si à cause de l’alcool (ou d’autres substances, d’un manque de sommeil, d’un téléphone portable, etc) on provoque un accident grave et que l’on se retrouve le cul dans un fauteuil roulant, ou que c’est la personne qui était dans la voiture d’en face qui se retrouve gravement blessée à l’hôpital ou à la morgue… là c’est sûr on rigole moins.

Je pense que ce qui est valable pour la route est valable dans tous les aspects de notre chemin de vie.

Au quotidien, nos pensées influencent nos paroles et nos actes, qui façonnent ce monde. Donc nos pensées façonnent ce monde.

J’aime à penser qu’il n’y a pas de destin tout tracé. Ton « chemin » se crée au fur et à mesure que tu avances. Mon « chemin » se crée au fur et à mesure que j’avance.

Tout ça pour dire qu’à mon humble avis, ce « rêve » (notre réalité) ce n’est seulement « Son rêve » mais aussi « le notre ». C’est une sorte de co-création.

Dans l’instant présent qui sans cesse se renouvelle, dans « l’instant éternel », avec ses capacités particulières, ses dons, ses talents, chacun de nous, chaque être humain aide à co-créer avec le « Rêveur », ce que l’on nomme « la réalité d’ici-bas ». Certes, de façon prosaïque nous baignons dans un quotidien parfois joyeux, parfois difficile, voire extrêmement difficile, mais nous baignons aussi dans Sa présence, dans Sa gloire, dans l’amour inconditionnel qu’Il a pour chacun de nous.

Il y a plusieurs religions. Alors oui… quelqu’un pourrait me dire que toutes ces âneries « ça ne colle pas » avec « ses textes sacrés », ou avec « ses croyances ».

Je le répète, je ne suis pas là pour convaincre qui que ce soit d’adopter mon « point de vue singulier » sur « la réalité », sur notre monde. Et je le dis de nouveau, je respecte chaque être humain quelle que soit sa religion, ses croyances (athée, animiste, agnostique, croyant… ou autre).

Je suis là simplement pour présenter ce « point de vue ». Un « point de vue », une « vision particulière de l’ensemble », qui dans mon esprit (pour moi en tout cas) n’est pas en contradiction avec le fait que je suis chrétien.

Si je crois au miracle ? Chaque atome de carbone est créé par « un processus miraculeux » au sein des étoiles vieillissantes. Concernant les miracles « par intervention divine », j’y crois aussi. Bien sûr. À chacun sa foi, à chacun ses croyances.

On peut se poser la question de l’influence « directe » de l’esprit sur la matière. Certains vont dire que, c’est sûr et certain, « ça existe ». D’autres avec une pensée plus « cartésienne » vont arguer que « c’est n’importe quoi ». D’autres encore vont dire « peut-être que ça existe mais en vrai on ne sait pas ».

Je ne développe pas ce sujet par souci de concision. Que cette influence « directe » de l’esprit sur la matière existe ou pas, pour moi la conclusion de cette réflexion reste la même.

Pour ma part, dans « ma » vision du monde, l’influence directe de l’esprit sur la matière est une réalité. Je pense que plus l’esprit est en « phase », en « résonance » avec la volonté du Rêveur, plus cette influence est rendue possible. Tout est possible dans un rêve. (Toujours et encore cette histoire de fréquences, de vibrations… et de temps puisque c’est ce qui lie fréquence et vibration.)

Cet essai n’a rien d’académique. Je suis un électron libre. Donc je peux écrire de manière excentrique. Je vais écrire des mots, des idées, des concepts, des noms de personnes, de divinités… des mots mais sans les lier par la logique de la phrase. Tu noteras que certains mots peuvent revenir, être répétés.

Et là une réflexion naît peut-être dans ton cerveau, du genre : « Ce gars-là est complètement givré. » Si tu le penses vraiment, ça jette un froid entre nous, tu en es conscient j’espère. Je rigole.

Si tu veux bien on y va.

Parole, verbe, discours, logos, logique, mathématiques, tautologie, répétition, Mandelbrot, fractale, flocon de neige, flocon de Koch, répétition, infini, perles, reflets, Indra, atomes, répétition, forme, spirale, galaxie, Coriolis, cyclone, évier, spirale, vie, ADN, structure fractale, stockage d’informations, spirale, Fibonacci, mathématiques, lapins, abeilles, nombre d’or, proportions, harmonie, nature, tournesol, coquillage, doigts, main, humain, cerveau humain, neurones, filaments, nœuds, similitudes, structure, liaisons, galaxies, toile cosmique, similitude, infiniment grand, infiniment petit, atome, matière, énergie, relation, formule mathématique, Albert Einstein, atome, insécable, couper, séparer, analyse, synthèse, comprendre, unifier, unité, Ayin, Robert Nesta Marley, Could You Be Loved, Ayin, œil, source, vision, intuitive, créativité, simplicité, humilité, silence.

Cette suite de mots, de concepts, de noms, c’est un échantillon « des pièces du puzzle » de « ma » vision de « la réalité ». J’aurais pu faire des phrases pour lier ces mots, et ainsi expliciter ma pensée. J’aurais perdu en concision. Là le lien entre les différents mots est implicite. Je perds en précision mais je gagne en concision.

Et puis c’est souvent comme ça que ça fonctionne dans notre cerveau Ça fonctionne par association d’idées. Et c’est seulement après notre pensée se transforme en phrases.

I/ J/ Conclusion de la première partie.

Chaque être humain a une vision particulière, une vision personnelle de la réalité. « Sa » réalité est d’abord « une réalité intérieure », « un monde intérieur », une construction mentale élaborée par son cerveau à partir des ses perceptions sensorielles du moment, ses souvenirs, ses désirs, son éducation, ses préjugés, ses croyances, ses peurs, ses joies, etc.

La réalité matérielle, qui a pour cadre d’existence le temps et l’espace, est constituée essentiellement de « vide », de fréquences, de vibrations et d’informations. C’est une réalité « organisée », « soutenue » à chaque instant dans son existence par le « Rêveur » c’est à dire Dieu.

Chaque être humain a, en plus de son corps physique, « une partie spirituelle ». Chaque être humain est un personnage du « rêve » Divin, et Dieu lui donne la liberté de penser, de communiquer ses pensés et d’agir librement sur le monde. De ce fait, chaque être humain aide « au fil du temps » en pensées, en paroles et en actions à co-construire notre réalité, à co-construire notre monde. « Au fil du temps » se résumant en « vérité » à « ici et maintenant », dans l’instant présent qui sans cesse se renouvelle, dans « l’instant éternel ».

Puisque notre réalité c’est d’abord Son « rêve », le Rêveur est présent partout, en tout lieu de Sa création, en toutes choses et en « toute chose », et donc aussi en tout être vivant. Il est présent en chacun de nous, en chaque être humain.

Non perceptible par nos sens, le « monde spirituelle » (immatérielle, intangible), qui dépasse l’entendement humain, n’est pas soumis au temps (tel que nous le percevons). L’union de « la réalité » (Univers matériel) et du « monde spirituel » forment ensemble « la vérité ultime », « l’Unité ». « En vérité » le « monde spirituel » est primordial, c’est à dire qu’il « précède » la « réalité » (matérielle) qui ne peut pas exister sans le « monde spirituel ».

Univers. « Universus, tourné de manière à faire un tout. « Unus, un, un seul ».

Le monde visible (l’Univers matériel) n’est que la conséquence de la volonté de « l’Esprit originel », c’est à dire Dieu. l’Unité parfaite, qui ne peut évidemment pas être compris par l’esprit humain, englobe « le monde spirituel » et notre réalité (matérielle).

C’est une intuition, qui m’a amené à « voir » (avec mon intellect) « notre monde » de cette façon.

Même si nous les hommes, avec notre manière (nos manières uniques et personnelles) d’appréhender notre « réalité d’ici-bas », avec aussi notre propension à analyser, à disséquer, à distinguer, à différencier (à voir les différences parfois ou souvent en minimisant ce relie, en minimisant les points communs, en leur donnant moins d’importance, peu d’importance), avec notre propension à diviser, nous avons pour la plupart tendance à oublier de « comprendre » (d’embrasser par la pensée mais aussi de « saisir ensemble ») que notre monde est « Un », que notre monde est « en vérité Unité ».

Avec mon intellect je fais l’effort de « voir » ce qui unifie, ce qui nous unit au delà des apparences, au delà de nos différences. Essayer de voir « à travers » les voiles des apparences demande de faire un effort constant dans « l’instant éternel », l’instant qui se renouvelle sans cesse ici et maintenant.

Il est vrai que certains êtres humains ont vu, que certains êtres humains voient, que certains êtres humains peuvent voir avec le « troisième œil » , et avoir ainsi une « vision plus claire » du monde. Il me semble que « voir avec le troisième œil » c’est l’aboutissement d’une démarche spirituelle. Ma démarche, pour arriver à « ma » vision du monde, est essentiellement une démarche intellectuelle. Il me semble important de le préciser.

II/ Paralèlles avec certains éléments philosophiques et religieux

II/ A/ Flash-back, ou les souvenirs d’un jeune athée

(Là j’écoute « Flash-back », du groupe « Imagination ». « Just an illusion » aussi c’est vraiment cool.)

La substance cet écrit est le résultat d’un « questionnement diffus » (sur le monde qui nous entoure). Un questionnement qui s’est déroulé sur plusieurs décennies. Je ne comprenais pas à l’époque pourquoi mon esprit allait dans tous les sens, se posait sans cesse « mille questions inutiles », comme si je cherchais quelque chose mais sans savoir vraiment quoi.

Et pour comprendre, souvent il faut retourner à la source. Et donc je voudrais faire un petit flash-back sur mes années lycée.

Un lycée technique. De grands blocs de béton comme bâtiments. Une classe avec une trentaine d’élèves qui préparent un Bac E (« Bac Mathématiques et Techniques », qui n’existe plus.)

Avec mes camarades, le cul sur une chaise, les bras croisés, j’écoute la prof. Par le biais de ce qu’elle nous dit, un philosophe que je ne connais absolument pas, entre dans ma tête et me demande en substance : « C’est quoi l’être en tant qu’être? ». « Vas-y… continue ta quête, mène ton enquête. » C’est ma réponse silencieuse à la prof, avec un sourire, un regard « intéressé » et un hochement de tête. « Sors de ma tête. » C’est la réponse à l’illustre philosophe… quel qu’il soit.

Par le biais de ce nous dit la prof, et plus généralement de l’enseignement de la philosophie (ou plutôt de philosophique occidentale), l’éducation nationale veux, ou prétend vouloir, nous apprendre, et donc m’apprendre à réfléchir sur des « grands sujets », sur le sens la vie et sur les principes de l’existence, moi qui viens tout juste de sortir de l’enfance. Ils veulent m’apprendre comment « bien réfléchir » pour aller « au fond des choses », rechercher « la vérité », tout ça.

La vérité, c’est que moi, c’est pas du tout ce que je veux. Moi, dans cette salle de classe, je veux que le temps s’accélère, car je brûle d’envie d’aller à la bibliothèque. La sonnerie retentit. Quand même ! C’est pas trop tôt. Comme les autres élèves, je prends la « sortie de ce cours » (Véridique, c’était écrit ça sur la porte).

Avec deux trois camarades, après deux trois plaisanteries, je rentre dans la bibliothèque. Plus question de plaisanter, il faut faire silence. OK. J’attrape sur une étagère un numéro de la rubrique-à-brac. Je vais m’asseoir. J’ouvre la BD… et toujours en silence, je me fends la poire avec Newton et sa pomme, la petite coccinelle, et d’autres acteurs d’histoires plus hilarantes les unes que les autres.

C’est ça ou alors un livre de SF. Dans ce cas c’est monsieur Pierre Pairault (alias Stefan Wul) qui me fait voyager dans le monde de « Niourk », ou alors il m’offre un ticket gratuit pour un voyage sur une autre planète pour suivre les aventures des Oms, les hommes devenus les animaux de compagnie d’une race extra-terrestre (« Oms en série »). C’est pareil pour d’autres auteurs comme René Barjavel, Ray Bradbury, etc. Oui, la vérité c’est que je veux m’évader, tout simplement. Je veux prendre du recul par rapport à « mon » quotidien. J’en ai « besoin ». C’est un besoin viscéral.

Ce n’est que bien des années plus tard, que « je »… (Impermanence oblige, ce « je » n’est « plus tout à fait » le même que l’adolescent du lycée)… que je prends conscience que pour aller « au fond des choses » il faut paradoxalement prendre du recul.

Et les années passent. Et au fil des années, en libre penseur, je me questionne sur « la vie », sur « ma vie », et sur bien d’autres choses. Il y a en marge, mais vraiment en marge, deux trois questions sur la philosophie. Ben oui, comme la plupart des mortels j’avais pas que ça à faire…

Les questions posées par « la philosophie » sont-elles réellement plus importantes que celles posées par certains livres de science-fiction ? Se poser « les grandes questions philosophiques » en s’appuyant sur les « grands philosophes » est-ce que ça a des chances de rendre quelqu’un « vraiment plus sage » ? Et surtout, n’y a-t-il pas aussi une certaine forme de sagesse dans d’autres « média » comme un livre de SF, une chanson avec des paroles « profondes », un poème, les conseils d’un proche bienveillant qui a plus d’expérience de la vie que moi, etc.

Moi, c’est la SF, c’est cet « univers étrange », cet « univers parallèle », cet « univers fantastique » qui bien souvent aide à faire naître en moi, dans « mes fantasques neurones », des questionnements… souvent loufoques et sans intérêt. Et parfois profonds. C’est surtout la nature et la SF qui m’émerveillent. C’est comme ça. C’est une de mes particularités.

Une autre de mes particularité est de « chercher », de « trouver », de la sagesse cachée ou un certain « recul poétique » dans les paroles de chansons. Des paroles qui « me tiennent à cœur », parce qu’elles me touchent, qu’elles touche « ma sensibilité », mon cœur, mon âme.

Des chansons comme « Brothers In Arms , « Je Serai Là » de Teri Moïse, « L’Autre Finistère »  du groupe Les Innocents, « Everybody Hurts » de REM, « Simé la limière » de Kaya, « Vanité » de Natty Jah, ou encore « Rev fe nwar » et « Oté Grand Mère » de Frédéric Joron.

Ce ne sont évidemment que quelques exemples de chansons qui « me font vibrer » et qui « m’apporte un peu de lumière » pour éclairer mon chemin de vie. Je pense que tu as sûrement ta propre « playlist de morceaux choisis » qui te « portent », qui peuvent aussi t’aider dans des moments difficiles.

Tout ça pour dire que toutes ces paroles de miel qui adoucissent ma vie et qui ont ce côté « lumineux », toutes ces paroles et la musique qui va avec, elles font partie intégrante de « mon puzzle de compréhension ».

Concernant le lien entre la philosophie et la musique, Monsieur Vladimir Jankélévitch nous dit que le dénominateur commun c’est la temporalité. (En toute transparence, j’ai vu ça sur le net il y a peu de temps, mais je n’ai jamais ouvert aucun livre de ce philosophe. Et il y a fort à parier qu’il va disparaître de ma mémoire dans peu de temps.)

Bernard Lavilliers nous dit que « la musique est un cri qui vient de l’intérieur ». Et j’ai lu quelque part quelque chose comme : « Il y a le monde des dieux, il y a le mondes des hommes et entre les deux il y a la musique. » Je l’aime bien cette idée. Avec la musique on voit encore l’importance des fréquences, des vibrations… et bien sûr l’importance du temps, l’élément « central » de « mon puzzle ». Encore la notion de temps. Toujours et encore.

Il m’a fallu un certain pour assembler « le puzzle ». Et pour ce faire, le plus important à mes yeux, c’est de « penser par soi-même ». Je peux prendre en considération le point de vue d’untel ou untel, « sa vision particulière » sur tel ou tel sujet (superficiel ou profond). Que ce soit une personne physique que je rencontre réellement, l’auteur(e), d’un livre (même si on lui attribue « l’autorité de compétence »).

J’ai l’esprit ouvert et en même je suis d’une méfiance maladive concernant « les vérités venant des autres ». Je peux certes essayer de comprendre « sa vision », son opinion. Mais c’est bien le miel mon expérience de vie, mon avis, ma vision de la situation qui prime au final pour faire un choix, pour prendre une décision.

Dans mon jardin secret, au milieu du champ de pensées, j’ai semé une graine de liberté. Elle a germé. La petite pousse, je lai arrosée, je l’ai protégée, je l’ai regardée pousser et je lui ai parlé. J’ai maintenant un bel arbre bien enraciné, dans mes pensés.

J’ai bien aimé le livre « Avoir le courage de ne pas être aimé ». (Ichiro Kishimi et Fumitake Koga). Oui, pas de grande culture livresque, mais je lis quand même un truc de temps en temps.

Dis-moi, d’après toi, est-ce que ce paragraphe a une toute petite chance d’apporter une réponse à la question « Qu’est-ce que la liberté? ».

Sans fausse modestie, moi j’ai la conviction qu’elle en apporte une. La mienne. Tout simplement.

Dans mes pensées, il y avait jadis un « arbre-athée ». Ses racines n’étaient pas profondes. Et surtout il manquait de lumière. Il s’est desséché. Il est mort. Il s’est décomposé. Et Il est retourné à la poussière.

(Et si tu te poses la question… non, je n’écris aucunement « sous substance ». J’écris sur « deux substances ».)

II/ B/ Des pièces de puzzle

Je l’ai déjà dit, les pièces de « mon puzzle de compréhension » sont vraiment très hétéroclites. Certaines « pièces » sont des souvenirs remontant à mon enfance et mon adolescence, des événements à priori « anodins » mais qui ont « fait sens » à posteriori, en y regardant de plus près, en y réfléchissant après-coup (avec plus de perspicacité, plus de sagesse). Parmi ces souvenirs certains étaient dans les abysses de l’oubli, et au détour d’un conversation avec un membre de la famille, ils ont refait surface.

J’ai dit que mon esprit semblait chercher « quelque chose », sans savoir quoi. Je n’avais pas d’image de référence, les quelques « pièces du puzzle » qui s’emboîtaient ne formaient pas quelque chose de cohérent. En il manquait des pièces importantes, voire essentielles.

Comment « trouver » quand on ne sait pas ce qu’on cherche ?

Certaines « pièces » étaient rangées dans les tiroirs de ma mémoire, mais elles semblaient « inutiles ». Elles ne trouvaient pas leur place. Ça ne collait pas. Pendant de très longues années, « le puzzle inachevé ne faisait pas sens ».

Et puis, comme pour le protagoniste de « Seul au monde » (j’adore ce film avec Tom Hanks), j’attendais que « la marée », que « le hasard » m’apporte de nouveaux éléments, sans savoir si ce « quelque chose » allait s’avérer être une « pièce utile ».

J’en ai parlé au début, les pièces du puzzle peuvent être aussi les paroles d’une chanson, une réplique dans un film, une phrase ou une d’idée venant d’un reportage à télé, une vidéo en ligne, ou quelque chose venant d’un livre, d’une revue (exemple, science & vie).

Parmi les pièces importantes, il y a aussi certaines rencontres (dues « au hasard » ?). Il y en a une qui a pour moi une importante toute particulière. Il s’agit d’un collègue qui a croisé mon chemin de vie, il y a une vingtaine d’années. On a été collègues pendant deux ans. On s’entendait relativement bien. Il avait manifestement l’esprit ouvert. En gros on n’échangeait pas seulement sur la pluie et le beau temps.

Un jour il m’a dit, en substance, que tout ce qu’il avait appris jusqu’à ce jour était cohérent, que tous les éléments étaient « congruents » et allaient dans le sens de l’existence de Dieu. À l’époque, j’ai écouté, et le fait que j’avais (et j’ai toujours) un grand respect pour lui, a sûrement aidé à ce que ses paroles restent gravées dans ma mémoire. Mais à l’époque (il a une vingtaine d’années), ses paroles n’ont pas eu d’écho en moi. Je considère, avec du recul, que je n’étais pas encore prêt pour qu’il y ait « résonance ».

Bien sûr, tu pourrais me dire que d’autres personnes ont dû me dire qu’elle croyaient en Dieu. Effectivement. C’est le cas. Mais, de mon point de vue, ce n’est pas seulement la teneur du message qui compte. Ce qui compte, aussi et surtout, c’est la relation entre « l’émetteur » et « le récepteur ». Si c’est un inconnu qui te délivre un message, ça a peu de chances d’avoir la même portée, la même « résonance » que si c’est un proche en qui tu as une grande confiance, pour qui tu as une grande considération.

Cette rencontre avec ce collègue a une importance particulière, je le répète. Et pour cause. C’est comme s’il m’avait soufflé, dans un phrase à priori banale, « peut-être que tu cherches ce que j’ai déjà trouvé ». Mais pour l’entendre ça, il aurait fallu que je puisse « entendre entre les mots », comme « on lit entre les lignes ». C’est comme s’il avait perçu « une soif de connaissance » et qu’il m’avait indiqué une source. Mais tout cela je l’ai compris bien des années plus tard.

(Parenthèse pour un ancien collègue. Si par « le plus grand des hasards » tu lis ce texte, je pense que tu vas te reconnaître. Du fond du cœur je te remercie. Et bien sûr je te souhaite « bonne continuation » sur ton chemin de vie.)

Ces dix dernières années, certaines pièces se sont progressivement « réagencées », des pièces apparemment inutiles auparavant, pouvaient maintenant s’emboîter, jusqu’à ce que progressivement ma vision soit plus précise, qu’un schéma « d’ensemble » s’organise.

Certaines pièces sont venues s’emboîter avec la réponse de l’érudit sur le temps et la notion d’éternité (le « temps pour Dieu » est différent « du temps pour les hommes »). Et quand j’ai enfin fait le lien entre « vrai dans l’absolu », « Akasha » et « éternité », le reste a coulé de source. J’ai eu l’intuition, « la vision » d’un ensemble cohérent, congruent.

Parmi les « pièces du puzzle » celles qui sont présentées dans le paragraphe suivant me paraissent remarquables.

II/ C/ Un papillon, un filet, un morceau de bois et une pierre

1/ Le papillon : Un papillon vole et voltige, par-ci par-là, heureux de sa vie de papillon. Soudain le papillon disparaît. Et pour cause, il n’était que le rêve d’un homme sage. L’homme, réveillé, se fait alors cette réflexion. En gros il se demande : « Est-ce que c’est moi qui viens de rêver que j’étais un papillon ou est-ce que je suis un papillon qui rêve en ce moment qu’il est un homme sage? »

« Le rêve du papillon » est une réflexion tirée du Zhuangzi, un classique du taoïsme attribué à Maître Zhuang. (Zhuangzi, chapitre II, « Discours sur l’identité des choses »)

Attention, je viens de raconter à ma façon « Le rêve du papillon ». Donc c’est peut-être « un peu déformé ».

2/ Le filet : Le filet est « immense, il est infini. À chaque jointure il y a une perle. Chaque perle est unique et précieuse. Chaque perle est à la fois séparée des autres et reliée à toutes les autres. Toutes les perles sont reliées, dans l’unité du filet. Non seulement chaque perle se reflète dans toutes les autres, mais elle a aussi en elle le reflet de toutes les autres perles.

Alors où se trouve le centre de cet « immense » filet, de ce filet infini ? Considérons une perle. Elle est le centre du filet. Toutes les autres perles sont à la périphérie. Ce qui vient d’être énoncé pour cette perle est valable pour chaque perle, donc pour toutes les autres. Du coup chaque perle est à la fois centre et périphérie.

Ce filet, c’est « le filet d’Indra » (Joyaux d’Indra, Perles du collier d’Indra). Comme pour « le rêve du papillon » j’explique la métaphore du filet avec « mes mots ».

Indra est le roi des dieux et le Seigneur du Ciel, dans la mythologie védique de l’Inde ancienne. Cette métaphore de « filet d’Indra » sert à décrire l’interpénétration (ou fusion parfaite) du microcosme et du macrocosme, ainsi que l’interfusion de tous les phénomènes de l’Univers.

Indra représente Dieu. La création de l’Univers est un « acte magique ». Et tout l’Univers peut être considéré comme « indrajala » (filet d’Indra), c’est à dire « une illusion ».

(Interpénétration du microcosme et du macrocosme, par association d’idées ça me fait penser à « ce qui est en haut est pareil que ce qui est en bas » et ça me renvoie à « l’arbre de vie ».)

3/ Un morceau de bois et une pierre.

Jésus a dit : Je suis la lumière qui est sur tous, je suis le Tout ; le Tout est sorti de moi, Tout est parvenu à moi. Fendez du bois, je suis là ; levez la pierre, et vous me trouverez là. (Évangile de Thomas, logion 77)

Suivant les sources, suivant les traductions, les mots diffèrent quelque peu. « Tout » est écrit avec ici avec une majuscule, et ailleurs avec une minuscule. Mais, évidemment, en substance, cela dit la même chose.

Les trois éléments ci-dessus tendent à gommer les différences, à « voir » au delà des apparences. Le dernier dit clairement que Dieu est partout. Ces trois éléments, en un mot, tendent à tout « unifier ».

Le premier élément, « le rêve du papillon », en tout cas c’est mon interprétation, nous propose de nous questionner sur la différence entre un homme et un papillon. En gros le sage se demande si c’est lui, (lui l’homme sage) qui rêve qu’il est un papillon ou si c’est lui (lui le papillon) qui rêve qu’il est un homme sage.

A : À priori j’aurais tendance à dire que c’est l’homme sage qui rêve qu’il est un papillon. Parce que je sais que les humains peuvent rêver, et que le papillon… je ne sais pas.

B : J’ai l’esprit ouvert, je prends du recul. Je me dit qu’après tout, en admettant qu’un papillon soit capable de faire un rêve, en admettant que son tout petit cerveau de papillon puisse contenir des informations lui permettant de savoir ce qu’est un être humain, et en admettant aussi que le papillon sache ce que c’est que la sagesse, bref en admettant tout ça, le papillon peut rêver qu’il est un homme sage.

C : Je prends encore plus de recul, et je recule « au delà de la logique ». Et pourquoi ce ne serait pas les deux ?

« En réalité », un papillon n’est pas un homme. Certes… mais se pourrait-il « qu’en vérité » cette différence si évidente, cette distinction entre « ce papillon » et « cet homme sage » ne soit finalement qu’une illusion ?

Cette histoire de papillon, tu la trouves légère ou lourde de conséquences ?

Concernant le deuxième élément, « le filet d’Indra ».

Les mathématiques fractales nous apprennent que des « formes fractales approximatives », il y en a un peu partout dans la nature. De ton cerveau aux brocolis en passant par les rivières, les montagnes et les flocons de neige, etc. On considère une forme, un motif. On a toujours « la même forme », « le même motif » qui se répète, quelle que soit l’échelle à laquelle on regarde. Tu prends du recul, c’est la même forme. Tu vas « au fond des choses » c’est la même forme. Le même motif.

Les spirales des cyclones ressemblent à celles des galaxies. La structure du cerveau humain, et plus précisément du réseau neuronal humain, ressemble étrangement à la structure de la toile cosmique.

Chaque perle est le centre du filet, de l’Univers. La science moderne nous dit que l’Univers n’a pas vraiment de centre. Moi je fais le rapprochement entre les deux. C’est mon « interprétation ». Je le répète pour que ce soit bien clair.

(Tu y repenseras peut-être le jour où quelqu’un te diras : « Tu crois peut-être que tu es le centre de l’Univers. »)

À l’échelle de l’atome. Est-ce que chaque atome, et par conséquent chaque atome de notre corps, est un peu comme une perle du filet d’Indra ? C’est à dire que chaque atome est en interconnexion avec tout l’Univers, vibrant suivant une musique, une harmonie cosmique ?

À l’échelle de l’être humain. Est-ce que chaque personne est, comme chaque perle unique et précieuse du filet d’Indra, le reflet des autres perles c’est à dire le reflet de ses « semblables » ? Si c’est le cas, alors l’autre est le reflet de moi-même. Et je suis aussi son reflet, quel que soit cet autre. Alors se pourrait-il « qu’en vérité » cette différence si évidente entre moi et l’autre ne soit qu’une apparence inhérente à notre perception humaine de « la réalité » ?

 

Concernant le troisième élément.

À chacun sa foi, à chacun ses croyances. Je le répète. Je te respecte en tant qu’être humain, qu’elle que soit « ta » vision du monde, quelles que soient tes convictions religieuses, que tu en ais ou pas.

J’ajoute juste que c’est tiré de l’Évangile de Thomas, un évangile apocryphe.

Une dernière remarque pour clore ce chapitre.

Ainsi, dans « ma » vision du monde, « ma » vision du « monde uni dans l’Unité », Dieu est omniscient, omniprésent, omnipotent. En effet, si « notre réalité » c’est Son « rêve », Dieu est partout et en toutes choses (et en toute chose). Et j’en suis arrivé à la conclusion que les notions opposées d’immanence et de transcendance se rejoignent « en vérité ». En d’autres termes, la « Cause première » est extérieure et supérieure mais Elle est aussi partout en toutes choses, et « partout et en toute chose » de manière singulière.

II/ D/ L’ultime parenthèse

 

Durant tout cette réflexion, j’ai fait un bon nombre de « parenthèses ». Cette dernière parenthèse est de loin la plus importante.

J’écris ce qu « je vois » avec mon intellect, mais je te parle aussi avec mon cœur.

L’ensemble de la Création baigne dans la « lumière ». Cette « lumière » n’est pas la lumière blanche, la « lumière visible » qui via nos yeux (transformée en signaux électriques) apporte à notre cerveau le reflet des choses.

Ce n’est pas non plus « la lumière virtuelle » créée par notre cerveau, le reflet des choses, le reflet de ce qui « existe ».

Non. Il s’agit de « la Lumière du monde invisible », « la Lumière de la connaissance absolue ». Cette « Lumière » (qui « est » absolument partout) fait disparaître la notion de différence (et donc toutes les différences), la notion de contraire (et donc tous les contraires), la notion de contradiction (et donc toutes les contradictions), la notion d’opposition (et donc toutes les oppositions), de même que les notions corrélées d’incompatibilité, de négation, d’opposé, etc.

Cette « Lumière omniprésente » (mais qui est invisible pour nos yeux) fait disparaître « ce qui divise », « ce qui est capable de diviser ». Car toutes ces notions qui portent en elles « la division » sont « en vérité » (dans la « Vérité supérieure intangible », dans l’Unité) des illusions.

Pour nous les êtres humains, ces illusions sont vraiment prégnantes. Si on regarde seulement avec nos yeux, avec notre raison, avec notre logique (sans essayer de voir au delà des apparences), on y croit dur comme fer.

« Ce qui divise », « ce qui est capable de diviser » arrête « d’exister » dans la « Lumière originelle », la Parole, le Verbe.

J’ajoute ceci. Diable : « celui qui divise », « trompeur, calomniateur ». Di, pour « diviser ». Able, pour « capable de ».

Je te le dis avec mes mots, je te le dis « en vérité » ce qui existe, tout ce qui existe, l’existence de ce que l’on nomme « la réalité » (soumis au temps qui passe), est en quelque sorte « entre parenthèses », entre le début et la fin, entre l’alpha et l’oméga.

II/ E/ Une boussole pour chercher la vérité.

Est-ce que la vérité par consensus est toujours une vérité ? Est-ce qu’une affirmation peut être vraie et fausse à la fois ? Est-ce qu’une affirmation peut être ni vraie ni fausse ?

Imagine notre monde, la Terre. Le globe ou le planisphère, « 2D » ou « 3D », c’est comme tu préfères. OK. Tu as l’image dans ta tête… Je suis « quasiment certain » (euphémisme) que sur cette image mentale le nord est « en haut ». Aucune inquiétude à avoir, c’est tout à fait normal. Tu souffres seulement du « syndrome de consensualité aiguë ». (Non, ne va pas chercher sur le net, ne demande pas à Alexia, ça n’existe pas. C’est juste ma façon loufoque de dire que c’est une réalité consensuelle.)

Oui, c’est vrai ça, pourquoi on met le nord « en haut » ?

C’est parce qu’on t’a appris, et qu’on m’a appris, en gros qu’on a appris à « tout le monde » que, sur un planisphère ou sur le globe terrestre, le nord c’est « en haut ».

Mais pourquoi il est « en haut » le nord ? En général on ne se pose pas la question. Le nord, c’est en haut. Le sud, c’est en bas. Basta. Mais, en libre penseur, je peux me poser la question quand même.

Parce qu’au temps « des grandes découvertes », les cartes étaient dessinées comme ça. Elles étaient dessinées par des gens qui vivaient en Europe. Donc ils « se sont » mis « en haut », le nord « en haut ». Et ils ont mis « les autres » en bas, le sud « en bas ».

On nous apprend ça à l’école, « les grandes découvertes ». Des cartes pour aller sur la mer, « découvrir » d’autres contrées, voir comment le monde est fait, chercher à atteindre « les Indes » en contournant l’Afrique (Monsieur Vasco de Gama). Pour faire du commerce juteux, chercher de l’or, pour gagner plein d’argent tout ça.

Plus tard Monsieur Colombo (mais non, pas l’inspecteur), Monsieur Cristoforo Colombo vogue au fil de l’eau avec ses trois bateaux. En cherchant une route qui passe par l’ouest, ils arrivent sur les côtes de nouvelles contrées (déjà peuplées, mais on dit quand même que Christophe Colomb les « découvre »).

Si c’est juste pour ça que le nord est « en haut », donc on peut très bien imaginer un planisphère, un globe terrestre où le sud serait « en haut ». La Terre continuerait de tourner, le soleil continuerait de se lever, malgré tout.

Des cartes islamiques qui placent le sud en haut, ça existe. C’est une réalité. (Ben oui, ils ont fait pareil, ils se sont mis « en haut ».)

Considérons l’affirmation « le nord c’est en haut ». C’est vrai ou c’est faux ?

C’est vrai pour ceux qui mettent le nord « en haut ». C’est faux pour ceux qui mettent le sud « en haut ». On a deux « points de vue ». Donc en réalité (réalité de l’ensemble des êtres humains) « c’est vrai » et « c’est faux ».

Qu’est-ce qui se passe si on regarde depuis l’espace ?

Il n’y a ni haut ni bas dans l’espace pour la planète. Donc là on a un troisième « point de vue ». Et de ce point de vue, l’affirmation « le nord c’est en haut », c’est ni vrai ni faux.

En même temps, c’est une réalité. Oui, c’est vrai, le nord c’est en haut. C’est une « réalité par consensus ». Mais ce n’est pas une « vérité profonde ».

Conclusion. À mon avis il faut faire attention à la boussole que l’on prend quand on cherche « une vérité ». Ce n’est parce que « la plupart des gens » pensent d’une certaine façon qu’ils ont forcément raison. C’est juste leur « point de vue ». Même si « à priori c’est vrai » pour « la grande majorité des gens » cela ne signifie pas obligatoirement que c’est « une vérité ». La foule peut se tromper.

III/ Monsieur Alexandre Grothendieck

 

Il y a peu de temps, je suis tombé un peu par hasard sur une vidéo qui parlait d’un mathématicien. Alexandre Grothendieck (1928-2014). Un mathématicien avec une intuition extraordinaire et une capacité à résoudre des problèmes qui est à peine croyable. Bref. Un mathématicien « de génie ».

Alors qu’il est étudiant à Paris dans les années 50, deux mathématiciens qui sont ses professeurs, pour éprouver ses capacités lui donnent une liste de 14 problèmes irrésolus. Les 14 problèmes viennent d’un article qui vient d’être publié dans je ne sais pas trop quelle revue scientifique. Bref. 14 problèmes dont chacun peut faire l’objet d’une thèse, c’est à dire qu’un très bon mathématicien pourrait se casser la tête dessus pendant des mois, voire des années. Il est juste étudiant, donc ses professeurs lui conseillent de choisir un ou deux problèmes et de bosser dessus, histoire de se familiariser avec.

Si je me souviens bien, en deux semaines il en résout environ la moitié. Et en quelques mois il arrive à tous les résoudre. Un génie. Je l’ai déjà dit.

Bon, après ça il entame une carrière dans les mathématiques. (Tu m’étonnes !) Il avait un rapport particulier avec cette discipline. Il disait en substance qu’elle était comme une maîtresse qui accepte toujours de lui ouvrir les bras. Oui, c’était une relation « quasiment charnelle » si je peux m’exprimer ainsi. « La pulsion de connaissance dans mon travail de mathématicien était de la même nature que la pulsion amoureuse. »

Concernant les maths, il a publié plusieurs ouvrages. Et aussi il a laissé une quantité phénoménale de cartons remplis de manuscrits. Des dizaines de milliers de pages. Les scientifiques voient ça comme un « trésor national ». Avec tout ce qu’il a écrit, si j’ai bien compris, les mathématiciens ont du boulot pour des décennies.

Pour les institutions, le gros problème avec monsieur Grothendieck, c’est qu’il aime travailler seul. En plus il est écologiste et anti-militariste. Trois semaines au Vietnam pour protester contre l’intervention des États-Unis. Bref. Entre lui et les institutions, ça sent le divorce.

Et là tu te demandes peut-être : « Mais où il veut en venir avec « son » mathématicien de génie? »

Attends. Deux minutes s’il te plaît. J’y arrive.

Donc, les institutions, tout ça… il démissionne. Un esprit conformiste pourrait dire qu’il fout en l’air sa carrière. Il fonde, avec deux potes, un groupe politique et écologiste qui s’appelle « Survivre et vivre » et qui a pour but de propager des idées antimilitaristes et écologistes. Il vit entouré de groupes de hippies et il devient une sorte de gourou. Ça c’est dans les années 70.

En 1991, il se retire à Lasserre, un petit village d’Ariège au sud de Toulouse, pour y vivre « en ermite ». C’est là qu’il écrit les myriades de pages (concernant les maths) dont j’ai parlé tout à l’heure. Il écrit sur d’autres sujets, et notamment « Récoltes et semailles » et « La clé des songes ».

C’est « la clé des songes » la référence. Et c’est en lisant des extraits de « la clé des songes » que j’ai pris la décision d’écrire cet essai.

Conclusion et au revoir

Voilà. En m’appuyant sur quelques arguments, j’ai esquissé avec une pointe d’humour ma représentation (toute personnelle) du monde dans lequel « nous sommes ».

J’ai fait le parallèle avec trois éléments, philosophiques et religieux.

Je t’ai transmis la référence sur laquelle je voulais attirer ton attention.

Bon ben on a fait le tour. Je crois.

Avec un peu de recul, je me dis qu’avec toutes ces parenthèses à droite à gauche, qui vont dans tous les sens, mon « raisonnement » (au delà de la raison) est aussi « droit » que le vol d’un papillon.

(– « C’est à vous la bagnole ? » – « Non, c’est l’auto des Rizion. »)

Je te demande de m’excuser si certaines de mes blagues t’ont « choqué ». J’ai essayé de faire rimer réalité et sincérité. De rester moi-même. Et ma « réalité intérieure », elle se crée à partir de mes sens… et de mon sens de l’humour.

Voilà comment je vois le monde. « Notre » réalité c’est en quelque sorte le « rêve » de Dieu. « Notre » réalité interagit avec le monde spirituel. Le tout étant intégré dans « l’Unité » (qui est d’une perfection inimaginable, ineffable et qui échappe à notre entendement, l’entendement humain (tout comme le monde spirituel).

Comme je l’ai dit dans l’introduction, c’est à toit de « voir » s’il s’agit là d’un « délire » ou d’une réflexion digne d’intérêt.

Je ne sais pas si cette réflexion, cet essai atypique, a la moindre chance de t’apporter quelque chose de positif sur ton chemin de vie. J’espère que oui.

À moi, cette prise de recul « au delà du raisonnable », « au delà de la raison », elle m’apporte un soutien pour trouver « ma paix intérieure ». Elle m’aide à avoir confiance, à avoir foi dans le dessein du Créateur. Dans la joie ou la douleur, elle m’aide à accepter le « présent » qu’est la vie.

Ma prise de recul est comme une brise de sérénité qui caresse mon visage sous le silence de la pleine Lune, et qui me souffle que tout le bruit, tous les fracas du « monde d’ici-bas », aussi horribles soient-ils, seront balayés par l’impermanence, par le temps. Inéluctablement.

(« Et dans 150 ans », Raphaël)

Elle me conforte dans l’idée que le bonheur c’est avant-tout un état d’esprit, non pas cette soif inextinguible de biens matériels, d’argent et de pouvoir. Elle m’aide à me souvenir de ne demander que l’essentiel tout en remerciant le Ciel. Elle m’aide à voir dans les plantes et les animaux des merveilles de la nature. Elle m’aide à voir en l’autre un semblable, une perle précieuse et unique. Elle m’aide à me souvenir que l’imperfection est inhérente à la condition d’être humain. Elle m’aide aussi à vouloir faire ce qui me semble être le plus difficile : pardonner.

Elle m’aide enfin à continuer à m’émerveiller devant le chuchotement d’un ruisseau, le chant d’un oiseau, devant une fleur, ou un papillon.

Ma prise de recul m’aide à être heureux (ici et maintenant), tout simplement.

C’est la fin. Merci à toi d’avoir pris le temps de m’écouter. J’espère que tu as pris du plaisir à lire cet essai. Moi c’est avec plaisir, et même avec enthousiasme, que je l’ai écrit. Voilà on se quitte. Quitte à faire preuve avec toi d’une familiarité, d’une proximité qui frise l’indécence, je te propose une « poignée de main virtuelle ». Une accolade ? Une bise ? Pourquoi pas ?… chez toi c’est trois. OK.

En te souhaitant « tout le bonheur du monde » sur ton chemin de vie. Au revoir. N’artrouvé.

 

Auteur : Teddy Gérard Cadenet, alias Teddy Gérard

Dépôt légal en cours

Publié en juin 2026

Prix : 0 €

Impression numérique, Île de la Réunion

Tous droits réservés pour tous pays

Illustration, Teddy Gérard Cadenet/

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