Arrivé en ce lieu où la rivière coule doucement,
Je te revois, ô mon aimée, et mon cœur en suspens.
Souviens-toi, je te contemple, si belle et si fragile,
Qu’en un regard, ton image grave mon âme futile.
Telle une rose pliée sous la brise caressante,
Je suis un humble roseau, d’une douceur vacillante.
J’ai si peur de mon reflet
J’ai si peur de mes imperfections
Des rivières coulent de mon âme blessée
Ma vulnérabilité se révèle avec perfection
Âme en décomposition
Corps en pleine floraison
Aveuglé par mes désirs
Mon esprit fond comme de la cire
Pourquoi dois-je souffrir
Pourquoi dois-je rire
Pourquoi dois-je pleurer
Pourquoi dois-je exister
Relation toxique
Je continue,
indifférent à l’incision
peu importe par où
la lame est entrée.
C’est à double sens
je bois un côté après l’autre
et Je ne sens plus rien.
Je continue,
indifférent au filet de sang
qui dégouline de l’os sous mon omoplate.
Je compte
c’est illusion du contrôle
une goutte par minute.
Nuit d’hiver
Nuit d’hiver
Dehors très fort il neigera ;
Les flocons tombant sur l’ardoise
Auront fait fuir à petits pas
Les chats espions d’heures d’extase.
Nous serons tous deux sur le lit :
Deux âmes et corps de passage,
À l’abri du froid de la nuit,
Désireux de n’être pas sages.
Nous nous glisserons sous le pont
Formé par les draps, sous la tente.
En vol rasant
En équilibre impossible
tentant des vols rasants
avec des ailes effilochées
je tombe et tombe encore
trébuchant
dans un rayon de lumière
placé de travers
un mirage d’eau
pour les assoiffés
Ne me demandez pas
comment vivre
je ne connais que
les occasions de tomber.
En blanc et noir
Je remplis
avec instantanées
le puit de la mémoire
Je les laisse tomber
Ils rebondissent au fond
Écho noir et blanc
Je vois et revois
Des fragments de moi
Se reflétant
Des fragments de toi
Désormais partie de moi
Dans ce puits
Je trouve la mer
La mienne, la tienne, nous ensemble
Et le vaste fleuve
Coule
Particule avec particule
Des
Feuillettons dans le ciel
L’épaisseur du bonheur
trace des lignes courbes
qui ont oubliées le chemin
et se replient sur elles-même
Je m’attarde
le sentiment hésite
la conscience donne un coup de pied
Dans le sillon de mon temps
je ne trouve aucun foyer
La main palpite
elle me coupe le souffle
je me retourne, je deviens un pivot
je ne retrouve plus ma queue
Toi, tu me
La cagouille
La cagouille, ça bavouille,
Ça gribouille des traces comme une limace.
Ça bave et ça embrasse,
ça nous enlace,
ça nous laisse des taches
et c’est dégueulasse.
On en fait des grimaces…
Mais la cagouille, avec son syndrome de Dravet,
son corps qui parfois s’emmêle,
sa bouche qu’il oublie,
Elle bavouille comme une petite cagouille.
Et même quand il fait la fripouille,
jamais on ne s’en lasse.







