Categories
Littérature

Beautiful Youth

Le son du train sur les rails me paraissait d’une douceur si pure que je pourrais m’endormir à n’importe quel moment. Même si le wagon était rempli d’une foule de personnes et qu’il tremblerait sous le brouhaha ambiant. Heureusement, aujourd’hui il n’y a pas beaucoup de monde, tellement peu que je peux entendre distinctement le son calme et métallique produit par les poignées de maintien tremblotantes. Comme à mon habitude, durant le trajet je passe mon temps à regarder le paysage défilant à toute vitesse. Je le vois chaque jour, exactement le même jour après jour, sans que cela ne me dérange ou puisse me lasser de le regarder. Je ne me questionne pas beaucoup sur ce fait, il doit forcément y avoir des petits changements tels que de nouveaux travaux sur les voies, des routes barrées, des arbres coupés ou même en voir de nouveaux apparaître. Bien que je puisse le déduire, je ne le remarque pas pour autant, je dois sûrement ne pas regarder au bon endroit. Tout ça pour dire que, à cet instant présent, je me sens bien.
Aujourd’hui rayonnait un soleil qui ne pouvait pas mieux représenter une si belle journée d’été. Il faisait si beau qu’en regardant par la vitre je pouvais à peine discerner le reflet de l’intérieur. Mais, tant pis pour le paysage, il rentre dans le tunnel de l’arrêt de la capitale, et je ne bouge pas de position pour autant. Le train se met à l’arrêt, les portes s’ouvrent laissant ainsi les gens descendre et monter du wagon. Voyant dans le reflet mes propres yeux, un regard écarquillé qui crierait d’espoir, à cet instant précis, je ne la regarde pas mais je la vois. Toujours au même arrêt, toujours à la même heure, je le sais bien pourtant mais je reste toujours surpris quand elle s’invite à ma vue. Les portes se referment, le train reprend calmement son trajet. Je sais qu’elle est proche de moi, remarquable comme à son habitude elle ne s’assoit pas et reste debout au milieu s’accrochant à la barre métallique. Il n’y a pas beaucoup de monde oui, mais je serais du genre à l’a remarquer même si toute la population entière de la ville s’était entassée dans ce train. Toujours dans l’ombre du tunnel, mes yeux ne quittent pas mon visage du reflet, je me regarde moi-même, apercevant que mon regard s’est en quelque sorte apaisé mais paraît sans émotion en même temps, comme si j’essayais de me rappeler de quelque chose qui n’existe pas.
Un sentiment difficile à nommer. Ce moment fut bref, le train se met déjà à ralentir, le prochain arrêt est en approche, et elle y sortira. Elle emprunte ce train pour un seul et petit arrêt dans le très long trajet que parcourt celui-ci. Il s’arrête, les portes s’ouvrent à nouveau et laissent les gens sortir et entrer, puis naturellement, après quelques secondes, elles se referment. Le voyage reprend, on approche de la fin du tunnel et de la sortie de capitale, et pourtant je n’ai pas bougé d’un seul centimètre, les yeux plongés encore et toujours dans mon propre regard. Enfin, l’obscurité s’éloigna, et le beau temps réapparut, la vue que m’accordait le reflet redevint un souvenir s’effaçant dans les profondeurs du tunnel. Le soleil, rayonnant plus que jamais, m’aveuglait d’un coup, me faisant fermer les yeux. Mais je ne les ouvris pas directement, je les laissai fermés volontairement pendant un moment, la douce chaleur de la lumière se posant une fois de plus sur moi, laissant ainsi un simple sourire des plus naturel et sincère apparaître, et ouais… à ce moment précis, je me sens définitivement plus que bien.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.