Je les regarde, elles, les fortes, les nouvelles,
Celles qui n’ont plus peur du creux de nos modelés.
Elles brisent le miroir où riaient leurs prunelles,
Et jettent au passé nos silences scellés.
Leur colère a germé dans le terreau des âges,
Leur verbe est un couteau qui tranche le vieux lien;
Elles disent: « Assez de ces injustes partages ! »
Et je reste,vieux chêne, à m’interroger : « Mais qui es-tu ? »
J’admire leur audace, et pourtant, je m’effraie
De voir l’éternel duel s’aiguiser en combat.
Le dialogue se meurt,la défiance croît,
Et l’homme devient l’ombre que l’on refoule en bas.
Où est passée l’entente, où est la douce entente ?
Celle qui,sans combat, savait nouer les doigts ?
Le féminin n’est plus ce sourire qui chante,
Mais un front rembruni,dressé contre nos lois.
Je ne hais point leur cause elle fut nécessaire
Mais je crains que leur feu ne consume l’amour;
Que l’égalité rêvée,en devenant colère,
N’oublie que deux cœurs battent au même tour.
Ainsi je reste là, spectateur d’un monde
Où ce qui fut fragile se pare de fierté;
Et je murmure,ancien : « Est-ce là le nouveau monde ?
Un champ de ruines où plus rien n’est chanté? »
Si leur liberté naît, la mienne se retire,
Comme un dieu déchu qui ne comprend plus rien.
Je suis cet homme de quarante ans qui respire
Un air où le« nous » s’efface pour le « mien ».
Ecrit par : Badr Alaoui Mrani : 🐦 Le : 01/12/2025