La musique folklorique invite les habitants de Mira à se rapprocher du centre. Les flûtes à bec résonnent gaiement.
Aldonça récupère son panier, Maria ouvre le portillon et regarde le canidé.
– Viens avec nous Roméo ! Sens-tu les rôtisseurs ? Je suis sûr que toi aussi tu veux venir au marché grand loup ! Aller viens par là.
Roméo se lève, la queue agitée, rejoint Maria dans la ruelle. Aldonça les rejoint, elle lève la tête.
– Les hirondelles chantent, elles sont nombreuses cette année.
– C’est un bon présage pour notre Contrée, les rivières coulent à flot, les champs sont productifs et entourés de fleurs. Nous aurons une belle récolte cette année.
Maria est heureuse, elle sait que son potager sera beau cet été.
Elles descendent les ruelles accompagnées de Roméo, les murs de calcaire réfléchissent la lumière, les fleurs ornent les rebords de fenêtre. Et l’odeur des fleurs d’oranger se mêle aux odeurs de cannelle qui se libèrent des pâtisseries chaudes du marché.
Au-dessus de leurs têtes, des guirlandes s’entrelacent de toit en toit.
Aldonça continue de regarder le ciel tout en se laissant porter par la mélodie d’une citole.
– Mais pas d’autres oiseaux à l’horizon…
– Et bien… c’est la Contrée des Hirondelles ma néta, cherche tu un oiseau en particulier ?
– Plutôt un oiseau messager, cela fait longtemps que je n’ai pas eu de nouvelles de mes cousins de l’Est. C’est étrange… Ils ont l’habitude de m’envoyer une lettre après l’hiver. Le congrès de médecine de l’Est met à jour son savoir pour les habitants. Yvan prend soin de m’envoyer les nouvelles recherches et donne en même temps de ses nouvelles et de toute la famille.
Maria l’écoute attentivement
– Ça ne lui ressemble pas, je suis inquiète, j’espère qu’ils vont bien…
La grand-mère pose sa main sur l’avant-bras d’Aldonça
– Il me semble qu’ils viennent de Tampon-sur-Roche, là-bas… Il y a de grands explorateurs, des marins aussi robustes que ton grand-père jadis ! Ne les sous-estime pas, laisse-lui encore un peu de temps, ma néta.
– Je sais bien Grand-mère, ils sont probablement encore à Ciloas…
– Ciloas ?
– Oui ! Tu ne connais pas grand mère ?
Maria reste silencieuse, Aldonça sourit et poursuit
– C’est un pays qui se trouve à cent kilomètres, à l’Est de Tampon-sur-Roche. Ciloas est un pays réputé pour la science ! Les médecins, les physiciens, les scientifiques les plus réputés du monde s’y trouvent pour faire évoluer le savoir, l’évolution des hommes. Je pensais que tu connaissais, grand-mère : Ciloas est le pays jalousé par les pays de l’Ouest. Il est critiqué pour ses progrès qui défient les limites et les lois conservatrices de ces pays.
Maria reste fière, la tête haute et sourit en retour.
– Je viens peut-être de l’Ouest ! Mais ma vie a toujours été ici, en Tomaria, à Mira ! Et quand on vit dans ces belles contrées, difficile de s’intéresser aux autres pays. Je suis tellement bien ici, ton grand-père est la meilleure chose qui me soit arrivée. C’est lui qui m’a fait découvrir Mira.
Maria regarde le ciel avec amour et nostalgie
– Qu’il me manque…
Aldonça embrasse le front de Maria.
– Mira est la plus belle maison qu’il ait pu nous offrir.
Elles continuent le chemin et se rapprochent du centre. Les enfants courent entre les stands, les marchands appellent les habitants pour vendre leurs produits, des hommes et des femmes dansent pendant que d’autres boivent et mangent. Mira vit sous les hirondelles.
Maria regarde le stand d’un marchand de tissus, confiante.
– Peut-être que ce marchand de l’Est pourra nous éclairer sur la situation à Ciloas et le silence de tes cousins.
Aldonça caresse Roméo et suit sa grand-mère en direction du marchand.
Image générée par IA
Ecrit par Caroline.L Cadaslt tout droit réservés
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