Le jardin se meurt sous un ciel de cendre,
Le vent d’autrefois n’est plus qu’un frisson.
Il n’est plus de main pour venir attendre
L’ombre disparue de la belle saison.
Un spectre figé dans le gris du soir,
Où la nostalgie, d’une ride humide,
Vient creuser le bois dépourvu d’espoir,
Ne laissant aux jours qu’une ride vide.
Seul avec sa peine, à l’abri du monde,
Nourri par les pleurs d’un passé enfui,
Dans sa solitude amère et profonde,
L’arbre s’abandonne au cœur de la nuit.
Cette sève blanche au cœur des ténèbres
Devient le témoin des jours oubliés.
Boudant les adieux et les chants funèbres,
Elle offre sa grâce aux cieux étoilés.
Les fleurs invisibles aux yeux des passants
Exhalent le parfum d’une paix nouvelle.
Le temps suspendu, le deuil s’effaçant,
La vieille agonie se fait éternelle.
Ainsi la blessure engendre le beau,
Quand l’ombre accepte sa métamorphose.
La nuit n’est alors plus un noir tombeau,
Mais le doux berceau d’une éclose rose.
« Le cerisier d’antan n’est plus qu’une écorce vide,
mais dans le silence de ses branches, son âme refleurit. »