Le Maroc étire ses dunes sous l’azur
Comme un tapis trop beau pour cacher les fissures.
L’ambre des souvenirs se monnaie au souk bas
Où le pauvre s’incline et le riche est soldat.
La main qui signe l’acte a goûté le bakchich,
Les palmiers du prestige ploient sous le trafic.
Le juge pèse les faits comme on trie les épices :
La plus lourde en arrhes, la juste en sacrifice.
Ô terre d’argile et de henné parfumé,
Ton mausolée d’honneur est un mur condamné.
Chaque passe-droit creuse une source qui t’use,
La vertu dans tes riads est une recluse.
Pourtant, contre la forge et le poing du détour,
Un enfant du bled grave un serment dans l’atour :
« Le Maroc que j’aimais n’est pas ce coffre-fort,
Mais le cri d’un figuier qui éclate le sort. »
Puisse la sève y vaincre la rouille des pouvoirs.
Écrit par : Badr Alaoui Mrani @@ 🐦