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Un peu après minuit

Un peu après minuit, à l’heure où les hiboux
Dans le fond de la nuit, se moquent vent debout
Des hommes éconduits qui marchent dans la nuit
Je marchais moi aussi dans cette même nuit.

Un blanc manteau neigeux recouvrait tout Paris
Quand soudain vous m’avez souri dans un éclat
Puis nous avons marché sous votre parapluie
Mes guiboles tremblaient, pas à cause du froid.

Vous étiez la douceur dont n’importe quel homme
Rêve secrètement dans son coeur métronome
Votre voix de velours semblait polir l’instant
Dans un calme céleste au creux de votre accent.

Nos destins ont alors pris chacun leur chemin
Et vous m’avez laissé, là sans aucun moyen
De vous revoir un jour, quelle ironie du sort
Moi qui attend un jour d’être tiré au sort.

Une pluie de flocons fit tomber le rideau
Et je cherchai en vain l’ultime Da Capo
Qui m’aurait fait jouer à nouveau cette scène
Vous ? Vous disparaissiez dans la brume de l’Est.

Je sais bien que l’amour courtois ne se caresse
Que seule compte au fond, la survie de l’espèce
Pourtant, je donnerais tout pour qu’un jour renaisse
Vos charmes éthérés, vos yeux montés en neige.

Un peu après minuit, les professionnelles
Sont bien les seules qui répondent aux appels
Les bonnes affaires sont toutes déjà prises
Redoutable est la nuit, les mines sont bien grises.

By Ziyad

Des textes qui me traversent l'esprit...

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