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Un dimanche aux champignon ou les deux ogres

Un dimanche aux champignons

ou les deux ogres

C’était un dimanche d’automne. Moi et mon ami Frank on était allés aux champignons.

A peine à soixante kilomètres de Paris, avec la bagnole de son père, dans des bois que je connaissais bien pour y avoir passé une partie de mon enfance quand mes parents y disposaient d’une maison de campagne.

Girolles, trompettes de la mort, pieds de moutons, cèpes, souchettes, morilles, il y avait de tout dans ce coin-là. Frank aussi connaissait les champignons à cause qu’il avait passé sa jeunesse à la campagne.

Frank et moi on est copains parce qu’ on a beaucoup de points communs. On est tous les deux célibataires déjà.

Il y a pas de femmes qui veuillent de nous à ce qu’il semble.Toute cette abstinence ça finit par peser et pour les prostituées c’est souvent décevant, sans compter que ça coûte des sous. Et on en a pas beaucoup lui et moi

.Encore un point commun qu’on a. Mais le manque de satisfaction sexuelle que nous avons en partage, voulez-vous que je vous dise, voilà qui est terrible , ça porte au cerveau. On ferait n’importe quoi des fois pour tirer un coup.

Alors on était là dans les bois à discuter de tout ça quand tout à coup il y eu un bruit d’avion qui se rapprochait de plus en plus et de plus en plus puis qui a éclaté en un hurlement de réacteurs quand nous vîmes passer au dessus de nos têtes, à la frondaison des arbres qu’il écimait, un jet privé en perdition qui alla s’écraser dans un grand fracas deux cent mètres plus loin environ.

Évidemment ça nous a beaucoup impressionné et puis on a décidé d’aller voir.

L’avion avait perdu ses ailes en heurtant les troncs dans sa course ce qui fait qu’il n’était pas totalement en feu car l’essentiel du kérosène est habituellement stocké dans celles-ci

La carlingue était complètement démantibulée, éventrée et on apercevait l’intérieur de l’appareil où quelques foyers, en plus d’une épaisse fumée, dégageaient des odeurs de chair carbonisée.

Après une rapide inspection de l’épave nous constatâmes que tous les passagers et l’équipage étaient morts sauf le commandant, blessé et qui geignait à moitié inconscient au poste avant.

Nous dégageâmes des flammes les corps qui y brûlaient et jouâmes un peu de l’extincteur . Une odeur de grillade continuait à flotter dans l’air, qui étonnamment n’était pas si désagréable aux narines

Que faire ? Nous demandions-nous

Dans cet amas de corps abîmés, amputés, déchiquetés deux victimes ressortaient par leur relatif bon état : une hôtesse de l’air à la superbe plastique que révélaient sa jupe relevée sur de longues et belles jambes et aussi ses vêtements déchirés. Elle était sans tête toutefois.

Un enfant également, projeté sur le dossier du siège devant le sien et en travers duquel il gisait, les fesses pointant en l’air laissant voir à la taille du pantalon un peu baissée, la naissance de sa raie.

Les enfants, il faut que je vous dise, je les adore. Dès que j’en croise un un peu mignon, c’est bien simple, j’ai une érection. Mais chut !

Ça n’a pas manqué et mes sens mis en éveil par la bonne odeur de viande grillée se sont rapidement focalisés et déplacés sur ce petit agneau, si alléchant, si dodu, à la chair si tendre m’ imaginais-je, déjà excité : l’appétit m’était descendu direct des narines au bas-ventre.

Il reposait, à jamais innocent , avec pour toujours une tête de gentil môme endormi.

Il était mort, quoi! Ca ferait de mal à qui, hein ? Pas à lui en tout cas ! Voilà ce que je me suis dit pour contrer les scrupules qui tentaient de naître en moi.

Autant en profiter avant que les secours arrivent ? Non ?!.Vous comprenez ? Fallait pas rater ça. Ah bah non ! L’occase était trop belle.

Mais le temps que je cogite, Frank m’avait devancé et dépiautait déjà l’enfant de son pantalon pour se mettre à son affaire. Frank est toujours plus rapide que moi dans l’action.et j’ai du me rabattre sur l’hôtesse de l’air.

On s’était pas concertés, ça nous était venu à l’esprit au même moment, l’idée de s’en payer une tranche, un coup d’œil échangé pas plus et on s’y était mis.

Moi, il a fallu que je me fraye un chemin avec mon canif à travers le collant et la culotte de l’hôtesse, j’avais pas le temps de la déshabiller, vous voyez ?

Après je l’ai pénétrée en mouillant un peu pour aider.

C’était la première fois que j’avais une morte, il y avait un côté excitant! Et puis elle était encore toute chaude la fille…

Mais ce qui faisait drôle par contre, c’était l’absence de tête. Çà manquait de vis à vis quoi !. Çà me contrariait un peu tandis que je la besognais. J’étais obligé de faire un effort de concentration pour arriver à mes fins et j’en voulais un peu à Frank qui m’avait coiffé au poteau avec le petit môme.

Frank justement avait fini lui et c’est le moment qu’a choisi le commandant de bord pour sortir en titubant du poste de pilotage, ensanglanté et se tenant le flanc. Il nous a fixé avec un regard de pure horreur et d’incrédulité. Frank a fait ni une ni deux, il a bondi sur le type qui essayait de fuir et lui a rompu la nuque façon commando, à cause qu’ il avait fait quelques temps dans l’armée dans sa jeunesse.

J’ai mis encore un peu de temps puis finalement j’ai joui dans la fille. Après, j’ai repris un peu mon souffle et puis je me suis relevé et j’ai remballé.

Il fallait plus traîner à présent. Les secours allaient finir par localiser l’épave. C’était chaud ! Il fallait se tirer vite fait.

Frank avait trouvé la tête de l’hôtesse sous un siège et jamais en retard d’une horreur-il est comme ça, il est un peu brut de pomme et puis aussi il a été élevé à la campagne- il a dit qu’il voulait l’emporter pour le soir chez lui et il l’a mis dans le sac à champignons 

Elle était pas mal de gueule la fille et bien maquillée aussi, avec un beau rouge à lèvres, mais moi ça m’a ôté la joie que je me faisais à l’idée d’une bonne omelette aux champis comme on avait prévu de faire le soir chez lui et j’ai décidé que chacun rentrerait chez soi. Ça me suffisait pour la journée.

Enfin on a pris la poudre d’escampette en hâtant le pas et déjà on entendait des bruits d’hélicoptères au loin qui ratissaient le secteur pour repérer l’épave.

On est arrivé à la voiture sans encombre et direction Paris. On avait assez traîné dans le coin. Une heure et demie plus tard avec les embouteillages, il m’a lâché près d’une bouche de métro mais au lieu de m’y engouffrer j’ai décidé de faire une petite halte chez un grec pour me restaurer un peu.

J’ai pris des côtelettes d’agneau -c’est ça qui me disait bien dans le menu- et j’ai attendu mon plat tandis que la délicieuse odeur de viande grillée se répandait dans l’échoppe en me chatouillant agréablement les narines. Après m’être tapé la cloche et traîné un peu, je suis rentré chez moi, rasséréné par ce bon repas.

Ça avait été une journée pleines de surprises, qui nous étaient littéralement tombées du ciel, et bien remplie après tout: j’avais joui.

Demain serait un autre jour pourtant, le premier de la semaine de boulot qui s’annonçait, avec ses mêmes routines ennuyeuses-et mal payées. Du coup, j’ai pensé aussi à ce que je ferais le week-end prochain. Je téléphonerais peut-être à Frank.. .On verrait quoi faire…Il me dirait comment étaient les champignons.Je lui demanderais rien d’autre… Je voulais pas savoir.

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