Je continue,
indifférent à l’incision
peu importe par où
la lame est entrée.
C’est à double sens
je bois un côté après l’autre
et Je ne sens plus rien.
Je continue,
indifférent au filet de sang
qui dégouline de l’os sous mon omoplate.
Je compte
c’est illusion du contrôle
une goutte par minute.
Je sais que tu aimes ça,
no c’est pas vrai,
toi aussi, tu ne l’aime non plus
seul, tu ne peux pas t’arrêter
et moi autrement.
Ce fil rouge qui dégouline
fin comme un laser
vise droit sur ton cœur
avant de tomber dans le néant
et de recommencer.
Arrête! Tu me dis.
Quand tu veux, je réponds.
Et le lendemain on recommence.
Ce n’est pas du sang,
c’est une pensée,
on prétend qu’elle soit
une premesse de plaisir,
une minute de répit à la douleur,
mais en réalité,
ce n’est qu’une douleur différée.
Quand tu enleve la peau
aux réticences et tu mets à nu
la peur, après avoir abandonné
les excès du devoir,
je te vois trembler de rage
avec moi, qui n’arrive pas
a m’arreter.
Nous sommes toxiques, défoncés,
nous ne grandissons pas, nous nous consumons
sans nous régénérer.
Et moi, nu de toute contrainte,
je n’ai aucune échappatoire.
Je dépends d’une proximité mal comprise,
à laquelle j’ai donné un nom erroné,
traduisant « je t’aime » alors qu’en réalité,
tout mon être criait : « J’ai peur.»
Sans attentes, je n’attends plus rien,
sauf le passage
de la double lame habituelle,
en attendant que j’imagine
ta pensée cramoisie de plaisi,r
devient une illusion,
sans parvenir à me soulager véritablement.
Relation toxique
pornographique
désormais visible uniquement en infrarouge
Je suis le numéro 27, dans la file d’attente
code idiot, aux urgences pour brûlures graves.
Tu es déjà à l’intérieur
et pendant que le médecin te panse
tu te laisses déjà aller à l’idée
de voir s’il prend feu lui meme,
alors que je brûle déjà
avec la fille assise à côté de moi.