Arrivé en ce lieu où la rivière coule doucement,
Je te revois, ô mon aimée, et mon cœur en suspens.
Souviens-toi, je te contemple, si belle et si fragile,
Qu’en un regard, ton image grave mon âme futile.
Telle une rose pliée sous la brise caressante,
Je suis un humble roseau, d’une douceur vacillante.
Mais en toi se mêle un doux amas de rancœurs,
Ô mon étoile perdue, ma tendre sueur, ma douce fleur.
Qu’as-tu, mon splendide amphitryon, à te détourner ?
Autrefois, tu m’enveloppais de tendres baisers.
Mais pourquoi as-tu perdu cette lueur de rosée,
Cette innocence brillante, cette grâce sacrée ?
Maintenant, que la destinée m’a ramené vers ton doux cœur,
Je te prie mon bonheur, ô ma belle, ma douce sœur,
D’ôter cette épine qui me fait tant souffrir en silence,
Et de m’accorder un peu de répit de ta divine présence.
Imagine-moi à genoux, je t’en prie, à tes côtés.
Toi qui serais le premier à faire naître la rosée,
Sous la lune, dans la paisible chaleur de la nuit,
C’est toi que j’attendais, mon bon ami.
Au jardin des roses, tu brilles comme la plus belle,
Et, humblement, je te supplie, souviens-toi de cette étincelle,
Car c’est toi que j’ai attendu, avec une verge de tendresse,
Assis sur le bord de la rive, rêvant d’un amour qui ne cesse.