Moi, qui étais beau joueur éphémère,
Moi, qui méprisais les baisers au goût amer,
Me voilà un vendredi soir au boût de mon terroir,
À rêvasser sur des futûrs si clairs dans ma mémoire.
Un scénario me tourmente l’esprit,
Et si elle s’était jettée dans les bras d’un autre mal autrui?
Et si ma douce colombe ne rêvait point de moi la nuit venue?
Serait-il temps d’aller à la conquette d’autres prétendues?
Las d’interrogations sans queues ni têtes,
Je la contemple non-loin par le double recoin de la fenêtre,
Bras-dessus bras-dessous avance-t-elle aux côtés de ce veinard,
Qui la côtoie depuis à peine un tiers de toute ma marée noire.
Elle me lance un regard aussi brusque que le vent,
Désarmé, je fais mine de rien et regarde de l’avant,
Un désir pèse alors sur mon coeur déjà à la dérive,
Transpercé par ses yeux qui défient apparemment même une âme en cuivre.
Si ce n’était qu’une façade que je n’aurais guerre inventée,
Je l’oublierais et offrirais mon coeur à une simple rescapée,
Hélas, il est de ma peine d’attendre cette moitié,
Qui m’a fièrement brisé au lieu de me combler.
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