Amour à distance!
Je ne te connais que depuis quelques jours,
Et pourtant ton prénom revient dans mes pensées.
Comme un refrain discret qui naît sans détour,
Et refuse doucement de s’effacer.
Toi, Emmy, sous le ciel de Paris,
Moi, quelque part entre les rues de Rome.
Deux villes chargées d’histoires et de vies,
Et un sentiment nouveau qui doucement se forme.
L’heure sans selle
Chaque matin, je lace ma dignité comme une vieille outre,
mais elle fuit par les coutures avant la prière.
Le miroir m’a donné un visage d’attente,
creusé du même or que les dunes quand elles mentent.
Sur la place, nous sommes une nuée sans nuage,
des hommes debout qui apprennent l’art de l’invisible.
Nos ombres disputent aux chiens le peu d’ombre.
Dorure et cendre
Le Maroc étire ses dunes sous l’azur
Comme un tapis trop beau pour cacher les fissures.
L’ambre des souvenirs se monnaie au souk bas
Où le pauvre s’incline et le riche est soldat.
La main qui signe l’acte a goûté le bakchich,
Les palmiers du prestige ploient sous le trafic.
L’Archipel des rats
Dans le labyrinthe ocre des tannières,
où le cuir blonde au soleil couché,
une dynastie de petites guerrières
gouverne l’ombre sous les arcs penchés.
Elles connaissent l’heure où le safran
s’endort dans les sacs du souk aux épices.
Leur empire est un atlas de parfums tranchants,
de figues pourries, de laine et d’artifices.
Souvenir n1
Je me rappelle du piano et des violons dans ses ruines, valsant avec le vent entre les pierres.
Je me rappelle l’émerveillement et la curiosité de notre balade dans ses rues chevaleresques.
Je me souviens de la lumière passant à travers les arches, des chats bondissant sur nos genoux, de la gentillesse de ce grand-père.
Beautiful Youth
Le son du train sur les rails me paraissait d’une douceur si pure que je pourrais m’endormir à n’importe quel moment. Même si le wagon était rempli d’une foule de personnes et qu’il tremblerait sous le brouhaha ambiant.
Abyssus Nox
Oh combien de poètes et combien d’âmes en peine
Ont rédigés fiévreux des pamphlets par vingtaines
Et sans caution aucune, mille rimes abrasives…
Combien se sont repus malgré leur infortune,
Dans une mer d’orgueil et sans aucun émule,
Sur de blêmes maximes sans doute purgatives.
Enlisé dans ma médiocrité,
La déception est monnaie courante,
Mes mensonges en guise de geôliers,
La vérité en guise de saltimbanque.
Emmuré dans mon humour,
Où le sang de l’âme est un sourire,
Ô clown, ô clown, fais-nous rire,
Avec ton nez pourpre, fais-nous un nouveau tour.







