Là où ton regard ne s’attarde pas
Je t’aime
dans le silence exact
où ton regard ne s’attarde jamais.
Je t’aime
comme on aime une étoile
en sachant qu’elle brûle
pour un autre ciel.
Tu parles de lui
avec cette lumière au fond des yeux
que je rêvais d’allumer.
Chaque syllabe qui prononce son nom
est une caresse
qui ne me sera jamais destinée.
Je me tiens droite,
sourire cousu aux lèvres,
confidente appliquée
de ton bonheur naissant.
Je recueille tes doutes,
j’essuie tes peurs,
je célèbre même
les battements de ton cœur
quand ils ne battent pas pour moi.
Je suis l’ombre douce
au bord de ton histoire,
la présence fidèle
qui ne trouble pas l’ordre du monde.
Car le monde est ainsi fait :
ton désir a la forme d’un homme,
et moi
je n’ai que la forme de mon amour.
Il n’y a ni trahison ni faute.
Seulement cette vérité
simple et tranchante
comme une lame sous la soie :
je ne serai jamais
celle que tu cherches.
Alors j’apprends
à aimer sans réclamer,
à brûler sans lumière,
à te regarder partir
sans te retenir.
Et si un jour tu te demandes
pourquoi mes silences sont si vastes,
sache qu’ils portent ton nom —
écrit mille fois
dans un cœur
qui a choisi de t’aimer
même sans espoir.
Y . S . B
Image de présentation : dessin personnel