BRUME

BRUME.

Dans la brume tout dispara√ģt √† jamais.
Dans le froid, le noir, le n√©ant, ils vont…
Des hommes passent v√™tus d’imperm√©ables,
Les mains enfoncées dans leurs poches.
Ils ont un chapeau et vont la tête basse.
De fines gouttelettes de brumes,
De l’obscurit√© laiteuse, de l’ombre,
Des hommes surgissent soudain.
On les voit un passant instantané.
La brume aussit√īt les dissout.
Dans la brume, plus de villes,
Ni de campagne, ni de monde,
Rien qu’un cauchemar vaporeux,
Fait de visages flous et fermés.
Les gens passent seuls et silencieux,
Rien ne sert de parler ou de rire.
Ils passent leur chemin angoissés.
Quelques mètres, quelques secondes,
Tous arrivent sans savoir pourquoi.
Ils passent, repassent et trépassent.
Ils vont, ils retournent √† l’inconnu.
Ils ne savent d’o√Ļ ils viennent ni o√Ļ ils vont
Et pourquoi ils y vont…
S’ils veulent ralentir leur allure,
S’ils veulent souffler en chemin,
Ils sont balayer par ceux qui passent,
Emportés comme fétus de paille.
Beaucoup s’en vont absorbers et las,
D’autres ont un regard √©tonn√©,
Certains un rictus leur tord les lèvres,
D’autres ont un sourire amer,
Certains ont un regard faux.
Belle image de la vie conjugale,
Des femmes fr√īlent des hommes et s’en vont,
Cachant sous d’hypocrites toilettes
Ce qu’elles n’ont de cesser de faire soup√ßonner.
Pour conna√ģtre ces gens et les juger,
Il ne faut pas se fier au ralenti qu’est la vie.
Il faut voir notre humanité en accéléré
Comme un clignotement perdu √† travers les √Ęges.
Affol√©, je regarde de tous les c√īt√©s,
Je cherche un ami pour m’y accrocher,
Je cours d’un homme √† l’autre, en vain !
Ils me tournent le dos, font la grimace.
Pour moi, ce sont tous des étrangers.
Le flot m’entra√ģne bien loin au large,
Je perds pied et la mer m’emporte,
Je n’essaie plus de r√©sister,
Je me sens m’enfoncer, je coule…
Dans le froid, le noir, le néant, je vais.
Dans la brume, je disparais √† jamais…

1970

¬© 2004 NULLART vs. Kinka – ” 1968, une r√©volution po√©tique

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Written by nullart

Kinka est le pseudonyme d'un poète français contemporain et breton.

Le tourbillon de la révolte étudiante de 1968 semble avoir saisi KINKA au milieu de son éveil poétique romantique.

√Ä la fin d'une adolescence candide, cette REVOLUTION l'a donc plong√© dans un brusque et important changement dans l'ordre politique et social (selon l'une des d√©finitions du terme). ou plut√īt comme il l'√©crit lui-m√™me ¬ęc'est une vision illusoire des choses pendant l'adolescence¬Ľ.

De manière aléatoire, à chaque connexion au site, un sommaire différent est proposé au visiteur-lecteur dont quelques "cyber-poèmes", des poèmes "semi-automatiques", des sortes de cadavres exquis à la mode surréaliste.

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